Un climat de terreur s’est abattu sur Kateku, dans le groupement Ikobo, territoire de Walikale, après le double enlèvement de deux civils dans la nuit du dimanche 26 janvier 2026. Les faits, survenus aux alentours de minuit, ont plongé cette communauté du Nord-Kivu dans une angoisse profonde, rappelant l’insécurité chronique qui mine la région.
Selon des témoignages recueillis localement, des hommes armés non identifiés ont fait irruption par la force dans les habitations des victimes, à l’agglomération de Kateku, localité Iremya. Les assaillants ont procédé à l’enlèvement des deux personnes avant de disparaître dans la nuit, les emmenant vers une destination toujours inconnue à ce jour. Les circonstances exactes de cette attaque et l’identité précise des ravisseurs restent à établir par une enquête officielle.
Néanmoins, la géographie du crime interpelle. La zone d’Ikobo, où se situe Kateku, est actuellement sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Cette réalité nourrit immédiatement les soupçons et les interrogations au sein d’une population livrée à elle-même. L’insécurité dans le Nord-Kivu trouve-t-elle ici une nouvelle expression tragique ? Les enlèvements constituent-ils une nouvelle stratégie pour instiller la peur ou générer des ressources illicites ?
Plus de vingt-quatre heures après les événements, l’opacité la plus totale entoure le sort des otages. Les familles, plongées dans le désarroi, affirment n’avoir reçu aucun signe de vie, aucune communication, et encore moins de demande de rançon. Cette absence d’informations amplifie l’angoisse et la sensation d’abandon. Que sont devenus les deux personnes enlevées à Kateku ? Cette attente silencieuse est un supplice pour les proches, qui réclament désespérément des nouvelles.
L’événement a provoqué un électrochoc dans la communauté de Kateku, déjà durement éprouvée par des années de violence et d’instabilité. L’onde de choc de ce double enlèvement dépasse les frontières de l’agglomération, réveillant les peurs dans tout le groupement Ikobo. Plusieurs habitants redoutent une recrudescence des kidnappings, un fléau qui pourrait s’ajouter aux pillages et exactions déjà monnaie courante. L’appel à l’aide est unanime : les civils demandent une intervention urgente et tangible des autorités pour garantir leur protection.
Face à cette situation critique, la société civile locale monte au créneau. Elle exhorte avec insistance les autorités provinciales et nationales à se saisir du dossier sans délai. L’objectif est double : élucider dans les plus brefs délais les circonstances de cet enlèvement à Walikale, et surtout, tout mettre en œuvre pour localiser et retrouver les victimes saines et sauves. La crédibilité de la réponse sécuritaire est en jeu dans cette partie reculée du Nord-Kivu.
Ce nouvel incident s’inscrit malheureusement dans une sinistre routine pour les habitants du territoire de Walikale. La région est le théâtre récurrent d’enlèvements, de pillages systématiques et d’autres exactions armées, qui contribuent à dégrader un peu plus chaque jour une situation humanitaire déjà extrêmement précaire. Chaque attaque de ce type, qu’elle soit attribuée à l’AFC M23 ou à d’autres groupes, renforce un climat de peur paralysant, où les populations civiles paient le plus lourd tribut.
L’enlèvement à Kateku sonne comme un rappel brutal des défis sécuritaires immenses auxquels fait face le Nord-Kivu. Il pose des questions pressantes sur la capacité à protéger les citoyens dans les zones rurales éloignées. Alors que les familles attendent dans l’angoisse, la balle est désormais dans le camp des autorités. Leur réaction, ou leur absence de réaction, sera scrutée comme un test de leur volonté réelle de mettre fin à l’impunité et de restaurer un semblant de sécurité pour tous.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
