Les masques tombent enfin dans le dossier brûlant de l’est de la République Démocratique du Congo. Une série de révélations, aussi brutales qu’inattendues, vient de fissurer le narratif soigneusement entretenu par Kigali et certains de ses relais locaux, exposant au grand jour ce que beaucoup suspectaient : une agression Rwanda RDC délibérée et organisée. L’hypocrisie diplomatique, longtemps tolérée, se heurte désormais à des faits têtus, obligeant les acteurs à montrer leur vrai visage.
L’étincelle est venue de la sous-commission des affaires africaines du Congrès américain audition RDC. Dans un cadre institutionnel solennel, les parlementaires américains ont établi deux vérités explosives. Premièrement, le Rwanda mène une agression caractérisée contre son voisin congolais. Deuxièmement, Kigali a sciemment violé l’accord de paix de Washington signé en décembre 2025. Cette audition a pulvérisé l’alibi d’un conflit purement interne, forçant la main des protagonistes. La suite a été d’une redoutable clarté : l’ambassadrice du Rwanda à Washington a, de facto, confirmé la coordination militaire de son pays avec le groupe armé M23. Les M23 Congo révélations ne sont donc plus du domaine de la spéculation mais de l’aveu officiel. Comment, dès lors, maintenir la fiction d’une rébellion autonome ?
Ce dévoilement coïncide avec des prétentions territoriales surprenantes. Le président Paul Kagame a évoqué la possibilité d’une traite Berlin révision, semblant remettre en cause les frontières héritées de la colonisation pour le bénéfice de son « État liliputien », selon les termes repris par le roi Philippe de Belgique. Cette sortie, perçue comme une fuite en avant, révèle une stratégie de déstabilisation régionale dont l’objectif ultime semble dépasser la simple influence pour toucher à l’intégrité territoriale congolaise. Le président Tshisekedi et ses alliés patriotes trouvent ici une validation cinglante de leurs longues dénonciations.
Sur le front intérieur, l’effet de ces révélations est un coup de tonnerre. Le silence soudain de certains courants politiques et religieux, hier encore prompts à plaider pour un « dialogue » inclusif avec le M23, est éloquent. La rhétorique d’une « crise congolo-congolaise » s’est effondrée avec l’alibi rwandais. Désormais, toute initiative visant à légitimer le M23 comme un interlocuteur politique congolais est assimilable à une collaboration avec l’agresseur. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a porté une sentence sans appel en qualifiant le mouvement « Sauvons le Rwanda en RDC » de porte-voix assumé de l’agenda de Kigali. La démonstration est implacable : certaines manœuvres, y compris au sein de la coalition Cenco-ECC, avaient moins pour but la paix en RDC que le sauvetage diplomatique du Rwanda.
Parmi les voix qui ont fustigé cette imposture, celle de Jean-Claude Katende Asadho résonne avec une acuité particulière. Le président de l’ASADHO, connu pour sa rigueur critique, a mis en garde contre la dangerosité de ces collaborations déguisées. « Il est clair que tous ceux qui ont rejoint l’AFC/M23 ont rejoint le Rwanda contre la RDC », a-t-il affirmé, enfonçant le clou en dénonçant l’agenda mercantile et non patriotique de certains chefs de file comme Corneille Nangaa. Sa question rhétorique, cinglante, résume le dilemme : « C’est ça l’agenda qu’il viendra défendre au dialogue ? » Une interrogation qui sonne comme un réquisitoire contre toute tentative de négocier avec des éléments dont la loyauté est ailleurs.
Le gouvernement congolais joue désormais avec une carte maîtresse renforcée sur l’échiquier international. La position américaine, clarifiée par l’audition au Congrès, lui offre un levier considérable pour exiger des sanctions concrètes contre Kigali et un retrait total de ses troupes. La balle est dans le camp de la communauté internationale : continuera-t-elle à fermer les yeux sur une agression avérée sous le prétexte de la realpolitik régionale ? La crédibilité des mécanismes de paix et de sécurité en Afrique des Grands Lacs est en jeu.
Les prochains enjeux sont désormais cristallins. Il s’agira pour Kinshasa de maintenir cette pression factuelle et diplomatique, en capitalisant sur ces aveux pour isoler définitivement le Rwanda. Sur le plan interne, la vigilance patriotique doit s’exercer contre la cinquième colonne, ces acteurs politiques ou religieux dont le silence actuel trahit les compromissions passées. L’unité nationale face à l’agression extérieure devient un impératif catégorique. La lumière, enfin faite sur les véritables responsables de l’instabilité, oblige à un réalignement des alliances et des discours. La RDC parviendra-t-elle à transformer cette vérité dévoilée en une paix durable et souveraine ? L’histoire retiendra que les ténèbres, pour durer, ont besoin du mensonge. Et le mensonge vient de prendre un sérieux coup de vieux.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
