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Bule en Ituri : les écoles fermées malgré le départ des miliciens CRP

Une semaine après le retrait des miliciens de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de la cité de Bule, dans le territoire de Djugu en Ituri, un silence anormal règne toujours dans les salles de classe. Les établissements scolaires du centre commercial de Bule et des entités environnantes demeurent fermés, privant des milliers d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation. Cette situation persiste malgré la reprise effective du contrôle de la zone par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

L’occupation d’un mois par les miliciens CRP a laissé des séquelles profondes, paralysant toute la vie sociale et économique de la région. La reprise scolaire, attendue comme un premier signal de normalisation, n’a pas eu lieu. Les autorités locales et les acteurs éducatifs semblent dans l’expectative, tiraillés entre la crainte de résurgences violentes et l’urgence de remettre le système éducatif en marche. Comment justifier cette inertie alors que les uniformes des soldats ont remplacé ceux des combattants illégaux ?

Face à ce blocage, le Parlement des jeunes de l’Ituri monte au créneau pour exprimer une inquiétude grandissante. Par la voix de Nana Mungambo, chargée de la commission Genre, famille et enfant au sein de cette organisation citoyenne, un cri d’alarme est lancé. Elle dénonce une situation qui expose la jeunesse de l’Ituri à « l’obscurité, à l’errance et aux violences », mettant en péril l’avenir même de la province. Son plaidoyer est sans équivoque : « L’école est un pilier pour la paix durable, la cohésion sociale et le développement. » Ces mots résonnent comme un rappel à l’ordre des responsabilités de l’État.

Le Parlement des jeunes Ituri formule des demandes précises et urgentes aux autorités. Une sécurisation effective et pérenne de la région est réclamée, condition sine qua non pour tout retour à la normale. L’organisation presse également pour une réouverture immédiate des écoles afin de garantir la continuité pédagogique et de limiter les dégâts causés par ce long mois de perturbation. Enfin, elle appelle à une implication urgente du gouvernement provincial et des partenaires humanitaires pour protéger et assister les enfants affectés par cette crise.

Sur le plan sécuritaire, l’armée nationale a mené une opération décisive le vendredi 16 janvier, délogeant les miliciens CRP de leur fief de Bule. Cette action a mis fin à plus de trente jours d’occupation qui avaient contraint des milliers de civils à fuir. Après cette libération, les FARDC ont immédiatement engagé des opérations de ratissage, ciblant notamment Bule-centre et la vaste plaine Savo où s’entassent des communautés déplacées depuis plusieurs semaines.

Cependant, la menace n’est pas totalement éradiquée. Selon des sources locales bien informées, des éléments de la milice CRP, mis en déroute à Bule-centre, ont réussi à prendre la fuite. Leur retraite s’est orientée vers plusieurs localités reculées, notamment les villages de Kau, Liri et Wiri, ainsi que vers le groupement Sumbuso, situé dans la chefferie des Bahema-Nord. Cette dispersion de combattants en petits groupes représente un défi supplémentaire pour les forces de l’ordre et explique, en partie, le climat de prudence qui retarde la reprise des activités courantes, dont l’école.

La question de la reprise scolaire à Bule dépasse le simple cadre administratif. Elle est devenue le baromètre de la capacité de l’État à rétablir son autorité et à garantir les droits les plus basiques après un épisode traumatique. Chaque jour sans école aggrave le retard scolaire, accroît le risque de décrochage définitif pour de nombreux élèves et sape les efforts de stabilisation. Les enfants, otages involontaires de ces troubles, voient leur avenir compromis.

Les appels du Parlement des jeunes Ituri pointent une vérité souvent oubliée dans les conflits : l’éducation est une urgence humanitaire. Sans école, le tissu social se délite, laissant le champ libre à l’exploitation et au recrutement des jeunes par des groupes armés. La sécurisation physique des lieux doit donc impérativement s’accompagner d’une relance rapide du système éducatif. Les partenaires techniques et financiers sont attendus sur ce front, aux côtés du gouvernement provincial, pour fournir un appui logistique et psychologique aux établissements et aux élèves.

La balle est désormais dans le camp des autorités politico-militaires et éducatives de l’Ituri. La population de Bule, et particulièrement sa jeunesse, observe. Le retour en classe serait un signal fort, un premier pas concret vers la normalisation. L’inaction, en revanche, risquerait d’être perçue comme un aveu d’impuissance ou un manque de considération pour le droit à l’éducation. La prochaine étape est cruciale : transformer la victoire militaire en paix durable et en développement, en commençant par rouvrir les portes des écoles.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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