Un incendie dévastateur a frappé l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, le 19 janvier dernier. Ce sinistre, qui a provoqué d’importants dégâts matériels et la perte tragique de trois vies, dont deux nouveau-nés, plonge une région déjà éprouvée par un conflit armé dans une crise sanitaire aiguë. Face à cette urgence, les acteurs de la société civile locale lancent un cri d’alarme pour un appui logistique et humanitaire immédiat, tandis que des interrogations brûlantes sur les causes de la catastrophe demeurent.
Comment un établissement censé être un sanctuaire de soins peut-il être réduit à un tel état de vulnérabilité ? Cette question hante les esprits à Masisi, où l’HGR représente souvent l’ultime recours pour des milliers de patients, parmi lesquels de nombreux déplacés de guerre fuyant les violences liées aux affrontements avec les rebelles du M23. La destruction partielle des infrastructures et d’équipements médicaux essentiels équivaut à un arrêt cardiaque pour le système de santé local. Sans intervention rapide, les conséquences pourraient se chiffrer en vies humaines supplémentaires, l’hôpital ne pouvant plus offrir des soins de base ni des services spécialisés comme la néonatologie, durement touchée.
Les symptômes de cette catastrophe dépassent le simple cadre matériel. La société civile de Masisi, dans une lettre ouverte aux plus hautes autorités nationales, pointe du doigt l’impérieuse nécessité d’une enquête indépendante pour déterminer l’origine exacte de cet incendie. Cette demande, au-delà du besoin de justice et de transparence, est un vaccin contre la répétition de tels drames. Elle vise à diagnostiquer les failles – qu’elles soient techniques, sécuritaires ou organisationnelles – qui ont rendu l’hôpital aussi inflammable.
Le traitement prescrit par les forces vives locales est clair et multidimensionnel. Il s’agit d’abord d’une aide humanitaire d’urgence pour colmater la brèche : reconstruction des bâtiments endommagés, remplacement du matériel médical vital et soutien psychosocial aux familles des victimes et au personnel soignant traumatisé. Ensuite, il faut un traitement de fond pour renforcer la résilience de l’établissement. Cela passe par le renforcement de la sécurité, la modernisation des installations électriques – souvent à l’origine d’incendies dans les structures vétustes – et la formation du personnel aux mesures de prévention.
La société civile de Masisi joue ici le rôle de gardien de la santé publique, tirant la sonnette d’alarme avant que l’état du patient – en l’occurrence, le système de santé du territoire – ne devienne critique. Ses recommandations sont un protocole de soins pour l’HGR : sécuriser, reconstruire, prévenir et accompagner. L’appel lancé aux autorités et aux partenaires techniques et financiers est un appel à la solidarité nationale et internationale. La situation dans le Nord-Kivu, théâtre de conflits récurrents, exige une attention particulière, car la santé est un pilier fondamental de la stabilité et de la reconstruction.
En conclusion, l’incendie de l’hôpital de Masisi est un rappel brutal de la précarité des infrastructures sanitaires dans des zones en crise. Il ne s’agit pas seulement de réparer des murs, mais de reconstruire la confiance et de garantir un droit fondamental : celui d’être soigné dans la dignité et la sécurité. La réponse à cet appel déterminera si des leçons ont été tirées et si des mécanismes efficaces seront mis en place pour protéger d’autres structures dans le pays. La balle est désormais dans le camp des décideurs. Le temps presse, car dans un hôpital, chaque minute perdue peut avoir un coût humain irrémédiable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
