La République Démocratique du Congo prépare un tournant majeur pour son secteur des infrastructures et des travaux publics (ITP). Du 28 au 30 janvier 2026, Kinshasa vibrera au rythme de la première Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics en RDC, une initiative gouvernementale validée en Conseil des ministres ce vendredi 23 janvier. Cet événement stratégique, qui réunira près de 500 acteurs clés, se propose de redessiner la cartographie du développement infrastructurel du pays.
Sous le thème « Infrastructures durables et innovantes vers un système moderne et compétitif pour les ITP en République démocratique du Congo », cette conférence dépasse le simple cadre d’un forum. Elle incarne la volonté de l’exécutif, sous l’impulsion du ministère des Infrastructures et Travaux publics RDC dirigé par John Banza Lunda, de passer d’une logique de réalisation de projets isolés à une véritable ingénierie sectorielle. L’objectif affiché est de positionner le ministère comme l’architecte stratégique du secteur, un pilotage qui s’articulera autour de plusieurs piliers : régulation, reconstruction durable, innovation technologique et attractivité des investissements travaux publics RDC.
Quelles retombées concrètes peuvent escompter les Congolais d’une telle mobilisation ? Le compte rendu du Conseil des ministres est clair : l’ambition est de produire des livrables opérationnels. Une feuille de route couvrant la période 2026-2030, une Déclaration de Kinshasa engageant les parties prenantes et un mécanisme de suivi multi-acteurs doté d’indicateurs de performance doivent émerger de ces assises. Il s’agit ni plus ni moins de doter le pays d’une boussole stratégique pour guider les milliards de dollars d’investissements nécessaires à son désenclavement et à sa modernisation.
Cette conférence s’inscrit dans une séquence cohérente de réformes structurelles. Elle précède, dès début février 2026, l’atelier de démarrage des travaux d’une instance tout aussi cruciale : la Commission nationale sectorielle chargée de l’élaboration des normes de construction Congo. La création de cette commission, officialisée par arrêté ministériel le 22 octobre 2025, marque une étape décisive. Son mandat est d’élaborer un référentiel national unique, répondant aux instructions du Président Félix Tshisekedi qui a insisté sur la nécessité d’un cadre technique fiable, adapté aux réalités locales et garantissant la sécurité et la durabilité des ouvrages.
L’instauration de normes construction Congo uniformes représente un prérequis essentiel pour attirer les investisseurs sérieux et exécuter des projets de qualité. Comment, en effet, prétendre construire des infrastructures durables sans un socle réglementaire solide ? Cette normalisation est le fondement sans lequel les ambitions de modernisation peinent à se concrétiser. Elle vise à mettre fin aux pratiques anarchiques, à réduire les coûts de maintenance exorbitants liés à des constructions défaillantes et à garantir la sécurité des citoyens.
Le lien entre la Conférence infrastructures RDC 2026 et cette commission des normes est évident : il s’agit des deux faces d’une même médaille. La première définit la stratégie et mobilise les financements, la seconde en assure la traduction technique et qualitative sur le terrain. Cette approche holistique témoigne d’une maturation de la gouvernance du secteur. Elle répond à une critique récurrente : le manque de coordination et de vision à long terme dans la planification des travaux publics Kinshasa et à l’échelle nationale.
L’impact économique potentiel est considérable. Un secteur des ITP mieux régulé, normé et attractif est un levier puissant pour la croissance, la création d’emplois locaux qualifiés et l’essor des industries annexes (ciment, acier, équipements). La promesse de partenariats public-privé et l’exploration des fonds verts ouvrent également de nouveaux horizons de financement pour des projets d’infrastructures résilientes face au changement climatique.
En définitive, cette séquence d’initiatives – de la création de la commission des normes à l’organisation de la grande conférence de janvier 2026 – dessine les contours d’une nouvelle ère pour les infrastructures congolaises. Le défi sera maintenant de transformer ces feuilles de route et ces référentiels en réalités tangibles sur le terrain. La réussite de cette transition, de la planification à l’exécution, déterminera si la RDC parvient à combler son retard infrastructurel et à construire les bases matérielles d’une économie diversifiée et compétitive. Les actes qui suivront ces annonces seront scrutés à la loupe par les investisseurs et la population, en attente de résultats concrets.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
