Une nouvelle mission de pacification vient d’être dépêchée dans le territoire de Kwamouth, en République Démocratique du Congo. Conduite par le ministre délégué à la Défense, Eliezer Ntambwe, cette initiative vise à faciliter la reddition des miliciens Mobondo et à rétablir la paix dans cette région du Mai-Ndombe, en proie à une insécurité chronique. Sur instruction directe du gouvernement, l’objectif est clair : sensibiliser les combattants à déposer les armes et à adhérer au processus de paix en RDC.
Eliezer Ntambwe affirme avoir rencontré, sur le terrain, une certaine disponibilité chez quelques éléments du mouvement. « Nous avons reçu l’autorisation du gouvernement de venir mener les actions tendant à pousser ces compatriotes à la conscience et à la reddition pour permettre que la partie soit pacifiée », a déclaré le ministre. La mission de pacification à Kwamouth cherche avant tout à créer les conditions d’un dialogue direct, une approche jugée cruciale après l’échec relatif des initiatives passées.
L’insécurité dans le territoire de Kwamouth constitue un frein majeur au développement. Eliezer Ntambwe l’a souligné avec force : la zone souffre d’un isolement accru et les projets de l’État y sont paralysés. « Tous les programmes du gouvernement ne savent pas commencer dans ce territoire parce que les gens ne veulent pas prendre le risque de l’insécurité », a-t-il ajouté. Cette réalité quotidienne pour les populations locales justifie l’urgence de la mission actuelle.
Cette opération s’inscrit dans une longue série de tentatives pour résoudre la crise née de l’apparition du mouvement Mobondo. En décembre 2022, une première mission, impliquant le chef traditionnel Suku Fabrice Zombi Kavabioko, avait été dépêchée par le Président de la République. Elle avait permis de faire sortir plusieurs miliciens de la forêt et de récupérer des armes, suscitant un espoir rapidement déçu.
Par la suite, en avril 2024, un acte d’engagement avait été signé devant le Chef de l’État pour la cessation des hostilités. Cette initiative, comme celle de septembre de la même année qui recommandait le renforcement des services de sécurité et de justice à Kwamouth, n’avait malheureusement pas produit les résultats escomptés. Les incursions et violences ont persisté, illustrant la complexité du défi sécuritaire.
En 2025, l’annonce de forums de paix par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, avait redonné un cadre politique à la résolution du conflit. Ces forums, toujours attendus, montrent que la recherche de la paix dans le Mai-Ndombe nécessite une approche multidimensionnelle et inclusive. La mission actuelle d’Eliezer Ntambwe représente-t-elle une pièce décisive de ce puzzle ?
Les déclarations du ministre laissent entrevoir une lueur d’optimisme prudent. « J’ai trouvé de la disponibilité de quelques-uns des membres de Mobondo. […] je trouve quand même qu’il y a une bonne volonté d’adhésion au processus de paix », a-t-il précisé. Cependant, la méfiance reste de mise au regard des antécédents. La population, elle, attend des actes concrets et durables.
L’enjeu dépasse la simple reddition d’armes. Il s’agit de recréer la confiance, de rouvrir les axes de communication et de permettre le retour des investissements publics. La pacification de Kwamouth est un prérequis indispensable au redémarrage économique de toute une région. Sans elle, le cercle vicieux de la violence et du sous-développement risque de se perpétuer.
La mission conduite par Eliezer Ntambwe se veut donc un catalyseur. Son succès dépendra de la capacité à transformer les intentions déclarées en actions irréversibles. Le gouvernement semble miser sur la persuasion et le dialogue direct avec les miliciens Mobondo. Mais cette stratégie devra s’accompagner de mesures tangibles de réintégration et de justice pour être crédible et efficace.
Pour l’instant, les équipes sur le terrain poursuivent leur travail de sensibilisation. La route vers une paix définitive à Kwamouth reste semée d’embûches, mais chaque avancée, même modeste, est scrutée avec espoir. L’échec n’est pas une option pour des communautés qui aspirent depuis trop longtemps à retrouver la sécurité et la sérénité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
