32.2 C
Kinshasa
samedi, janvier 24, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSecuritéBombardement à Buleusa : les FARDC frappent le M23, la vie reprend...

Bombardement à Buleusa : les FARDC frappent le M23, la vie reprend avec crainte

Une accalmie précaire règne ce samedi 24 janvier 2026 à Buleusa, chef-lieu du groupement Ikobo dans le territoire de Walikale. La vie socioéconomique tente de reprendre son cours, au lendemain d’une opération militaire d’envergure. En effet, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont mené un bombardement ciblé contre une position des rebelles de l’AFC/M23. L’utilisation d’un drone de combat a permis de frapper avec précision ce bastion stratégique, plongeant la localité dans un chaos temporaire.

De violentes explosions ont retenti dans l’ensemble de la zone vendredi après-midi, semant une panique généralisée. Les activités se sont immédiatement figées, les habitants se précipitant pour se mettre à l’abri. Ce bombardement à Buleusa marque une nouvelle escalade dans le conflit persistant du Walikale, une région du Nord-Kivu régulièrement en proie aux violences armées. Les autorités militaires poursuivent-elles une stratégie plus offensive pour reprendre le contrôle de ces zones ?

Ce samedi matin, les signes d’une reprise timide sont apparus. Le marché central a rouvert ses portes, certaines boutiques ont tiré leurs rideaux de fer, et des élèves ont repris le chemin de l’école. Cependant, cette normalisation de façade cache une réalité plus sombre. L’atmosphère reste lourde, chargée d’une anxiété palpable. Chaque bruit suspect provoque un sursaut collectif, témoignant d’un traumatisme encore vif.

« Nous avons rouvert nos étalages, mais la peur est toujours là. On ne sait pas si la situation peut changer à tout moment », confie une vendeuse du marché, résumant le sentiment général d’insécurité à Ikobo. Un enseignant corrobore ce climat : « Les élèves sont venus, mais ils sont très nerveux. Beaucoup de parents hésitaient encore à les laisser sortir. » Ces témoignages soulignent le profond impact psychologique des opérations militaires sur les civils, premiers otages de ces conflits.

Le bilan exact de cette frappe des FARDC contre le M23 n’a pas encore été officiellement communiqué. Cependant, des sources locales affirment que la position rebelle visée a été totalement détruite. « Le camp a été réduit en cendres. Une épaisse fumée noire était visible tout l’après-midi. Il ne resterait presque plus rien », rapporte un notable de la place. Si cette destruction porte un coup à la rébellion, elle laisse également des questions en suspens quant aux pertes humaines et aux dommages collatéraux.

La reprise des activités dans le Nord-Kivu reste ainsi extrêmement fragile. Une partie de la population, qui avait fui vers la brousse ou les villages alentours au plus fort des frappes, n’est pas encore revenue. La peur d’une contre-offensive ou de représailles des groupes armés plane toujours. Les forces de sécurité sont-elles en mesure d’assurer une protection durable ? La population oscille entre l’espoir d’un retour à la paix et la crainte d’une résurgence imminente des combats.

Cette opération illustre la complexité du défi sécuritaire dans la région. D’un côté, les FARDC démontrent leur capacité à projeter de la force et à cibler des positions adverses avec des moyens modernes comme les drones. De l’autre, le conflit à Walikale est loin d’être résolu. La sécurité à Ikobo et dans ses environs dépend d’une présence étatique constante et d’une stratégie globale intégrant la protection des civils et le développement. La communauté pourra-t-elle véritablement tourner la page tant que les racines profondes de l’instabilité ne seront pas adressées ?

Pour l’instant, Buleusa panse ses plaies dans un silence relatif. La journée de samedi s’est écoulée sans nouveau incident majeur, permettant cette timide reprise. Mais la vigilance reste de mise. Les autorités locales et militaires appellent au calme, tout en maintenant un dispositif de sécurité renforcé. L’avenir immédiat de cette agglomération dépendra de la capacité des forces gouvernementales à consolider leur gain tactique et à rassurer une population meurtrie par des années de conflits cycliques dans le Nord-Kivu.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

Commenter
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 24 Janvier 2026

Justice, diplomatie, urgences sanitaires et droits humains marquent ce 24 janvier. Gouverneur du Kongo Central rattrapé par la justice, coopération Paris-Kinshasa contre le M23, pénurie inquiétante de fiches vaccinales à Goma, retour précaire des déplacés en Ituri, enlèvement choquant à Kinshasa, accès humanitaire bloqué au Sud-Kivu et une avocate du Nord-Kivu primée pour sa défense des droits humains : voici les faits clés de ce vendredi.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques