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Tshisekedi et Macron à Paris : la sécurité des Grands Lacs au cœur des discussions

Après une participation marquante au Forum économique mondial de Davos, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a effectué un déplacement à Paris où il est attendu ce vendredi 23 janvier 2026 par le président français Emmanuel Macron. Cette rencontre bilatérale, organisée autour d’un déjeuner de travail, placera la situation sécuritaire explosive dans la région des Grands Lacs au centre des discussions. Les deux chefs d’État évoqueront également le renforcement de la coopération entre leurs pays, dans un contexte international marqué par de multiples médiations.

Cette visite s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques récents. Elle fait suite à la réunion de haut niveau tenue à Lomé le 17 janvier, consacrée à la cohérence du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. La France, qui a activement participé à cette initiative du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, réaffirme ainsi son engagement. Paris soutient l’ensemble des processus en cours, qu’il s’agisse de la médiation américaine (processus de Washington), qatarienne (accord-cadre de Doha) ou africaine, dans la lignée des accords de Luanda et de Nairobi.

Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a récemment rappelé ses priorités. « Après l’offensive du M23, avec l’appui des forces rwandaises de défense, la désescalade, la cessation effective, durable et vérifiable des hostilités et de l’offensive du groupe rebelle ainsi que le retrait des forces rwandaises de la RDC sont primordiaux », a-t-il déclaré. La France appelle toutes les parties au strict respect des accords de Washington et de l’accord-cadre de Doha du 15 novembre, qui doivent, selon elle, « rester un horizon politique commun ».

Sur le plan humanitaire, l’urgence reste criante. Lors de la conférence de Paris pour la paix et la prospérité dans les Grands Lacs, co-présidée avec le Togo en octobre 2025, des engagements financiers substantiels avaient été pris. Sur les 1,5 milliard d’euros promis par 70 États et organisations, la totalité des financements humanitaires d’urgence, soit 850 millions, a déjà été décaissée. Paris salue cette mobilisation mais encourage les retardataires à honorer leurs promesses dans les semaines à venir. Ces fonds sont destinés à apporter des services essentiels aux populations et à renforcer la protection des civils, notamment dans les zones en proie aux violences et aux déplacements massifs.

La France insiste par ailleurs sur la nécessité de lever toutes les entraves à l’aide humanitaire. Elle rappelle l’engagement pris à Paris de travailler à la réouverture de l’aéroport de Goma pour les vols humanitaires et se dit prête à contribuer, avec ses partenaires et l’ONU, à l’effort logistique nécessaire. Dans une perspective de long terme, Paris appelle de ses vœux la tenue d’un dialogue national inclusif en RDC, gage de concorde politique et d’unité nationale, dans la continuité des consultations des Églises congolaises.

Pourtant, cette multiplication des rendez-vous diplomatiques suffira-t-elle à inverser la tendance sur le terrain ? Malgré l’implication personnelle de l’ancien président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, symbolisée par la signature des accords par Félix Tshisekedi et Paul Kagame, les progrès concrets se font attendre. Les accusations mutuelles de non-respect des engagements persistent entre Kinshasa et Kigali, entravant la mise en œuvre des dispositions convenues.

Le dialogue de Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par Kigali, peine lui aussi à déboucher sur des résultats tangibles. Cet espace de négociation, censé s’attaquer aux causes profondes du conflit comme la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des combattants, semble au point mort. Des mesures pourtant actées, telles que le mécanisme de cessez-le-feu, la déclaration de principes et l’accord-cadre, restent lettre morte. Comment expliquer ce fossé entre les signatures solennelles et la réalité des combats ?

La rencontre entre Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron à Paris représente donc un nouveau chapitre dans le soutien international à la stabilisation de l’Est congolais. Elle témoigne de la volonté française de maintenir une pression diplomatique constante et de coordonner les efforts des différents médiateurs. Toutefois, la paix durable dans les Grands Lacs passera inévitablement par une application rigoureuse des engagements pris et une volonté politique sincère de toutes les parties impliquées, y compris des acteurs régionaux. Le chemin reste long, et la communauté internationale, dont la France est un relais influent, devra faire preuve de persévérance et de fermeté pour accompagner un véritable processus de paix en RDC.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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