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Arrestation d’Aubin Minaku : l’opposition congolaise dénonce une violation constitutionnelle et une dérive dictatoriale

L’interpellation d’Aubin Minaku, figure éminente de l’opposition et ancien président de l’Assemblée nationale, ne cesse de provoquer des ondes de choc dans le paysage politique congolais. Cette arrestation, perçue comme un nouvel épisode dans une série inquiétante, est-elle le symptôme d’une dérive autoritaire du pouvoir en place, ou simplement l’application d’une justice aveugle ? La question, désormais posée avec virulence par l’opposition, touche aux fondements mêmes de l’État de droit en République Démocratique du Congo.

Les réactions, portées par des voix aussi influentes que celles de Delly Sesanga et Martin Fayulu, ne se contentent pas d’une simple dénonciation. Elles pointent du doigt une violation frontale de la Constitution. Delly Sesanga, dans une diatribe cinglante sur les réseaux sociaux, a fustigé une « dérive dictatoriale », affirmant que « la privation illégale de liberté devient une méthode » et que « la Constitution devient un décor ». Cette rhétorique puissante inscrit l’événement dans un cadre bien plus large que celui d’une simple procédure judiciaire, l’érigeant en symbole d’un conflit institutionnel majeur. La référence précise aux articles 17 et 18 de la Constitution par Martin Fayulu, l’ancien candidat à la présidentielle, vise à ancrer la critique dans une légalité incontestable, transformant la polémique en un véritable débat constitutionnel sur les droits humains et les libertés fondamentales en RDC.

L’analyse de Claudel Lubaya, membre influent du mouvement « Sauvons la RDC », enfonce le clou en dépeignant une stratégie délibérée de répression politique. Selon lui, le pouvoir « est en train de se constituer son propre palmarès » en multipliant les actes visant à « installer la peur et la terreur comme modes de gouvernement ». Cette criminalisation de l’opposition, traitée non plus comme un acteur légitime mais comme une menace, représente un tournant périlleux. Lubaya ne se limite pas au cadre national ; il rappelle habilement les engagements internationaux de la RDC, convoquant le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme. Cette invocation des traités internationaux donne une résonance diplomatique à l’affaire et place le gouvernement face à ses responsabilités sur la scène internationale, où la question de la répression politique en RDC est scrutée avec attention.

Au-delà de la condamnation, l’appel lancé à la « communauté nationale et internationale » révèle une tactique de l’opposition cherchant à internationaliser le dossier et à exercer une pression externe. L’idée qu’« un État qui emprisonne ses opposants pour leurs idées ne protège pas l’ordre public : il le renie » résume l’essence du conflit politique actuel. Le pouvoir joue-t-il un jeu dangereux en pensant consolider son autorité par la coercition, au risque de fragiliser durablement les piliers déjà chancelants de la démocratie congolaise ? La banalisation de la privation arbitraire de liberté, dénoncée par Sesanga, pourrait en effet, à terme, saper toute confiance dans les institutions et réduire à néant l’espace nécessaire au débat démocratique.

Les implications de cette affaire Aubin Minaku dépassent largement le cas individuel. Elle cristallise les tensions latentes et expose au grand jour la défiance abyssale entre la majorité présidentielle et ses détracteurs. La promesse de l’opposition de poursuivre sa mobilisation pour la liberté politique annonce une période de fortes turbulences. La stratégie de criminalisation de la dissidence, si elle se confirme, risque de stériliser la vie politique et de pousser le conflit dans des zones d’ombre bien plus difficiles à contrôler. Le prochain enjeu est clair : la capacité des institutions, notamment judiciaires, à démontrer leur indépendance et à trancher cette affaire sur la base du droit seul, sans considérations politiques. L’alternative serait l’aggravation d’une crise de légitimité qui menace l’équilibre déjà précaire de la nation. La vigilance démocratique, invoquée par les leaders de l’opposition, n’a jamais paru aussi cruciale pour contrer ce qui est perçu comme une vague de répression politique en RDC.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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