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Ituri : 16 civils libérés après 24h de torture par la milice CODECO à Mahagi

Seize civils ont retrouvé la liberté ce jeudi 22 janvier, après vingt-quatre heures d’une captivité brutale aux mains de la milice CODECO dans le territoire de Mahagi, en Ituri. L’opération de libération met fin à une brève mais violente incursion dans le village de Jupakpeche, relevant de la chefferie de Panduru. Selon des sources coutumières locales, tous les otages, dont un enfant et un chef de village, portent des marques évidentes de sévices corporels. Cet épisode souligne une fois de plus la vulnérabilité des populations civiles face à la résurgence des violences des groupes armés dans l’Ituri, malgré les engagements de paix.

L’attaque s’est produite dans l’obscurité, entre le mardi et le mercredi. Les miliciens de la CODECO ont ciblé de manière précise l’habitation du chef du village de Jupakpeche. Leur motif ? Une suspicion infondée de stockage d’armes dans sa résidence. Cette intrusion violente dans le foyer d’un leader communautaire illustre la paranoïa et les méthodes expéditives qui continuent de caractériser l’action de cette milice en Ituri. L’enlèvement des civils a été exécuté avec une rapidité déconcertante, plongeant la communauté dans la terreur.

Les vingt-quatre heures de détention ont été marquées par des actes de torture systématiques. Le chef du village, cible principale des assaillants, a subi des violences particulièrement sévères. Son état de santé, jugé très préoccupant à sa libération, a nécessité une admission en urgence dans un centre de santé de la zone. Comment une telle brutalité peut-elle encore sévir en toute impunité ? Les autres civils, bien que libérés, sont également traumatisés par les sévices subis, laissant des séquelles physiques et psychologiques profondes. La torture à Mahagi reste une arme de terreur couramment employée contre les populations.

Avant de quitter les lieux, les miliciens ont procédé à un pillage méthodique des biens des habitants. Chèvres, volailles et économies en argent ont été emportées, laissant derrière eux un village ruiné et une communauté plongée dans un dénuement total. Ce pillage, au-delà du préjudice matériel, anéantit les moyens de subsistance de familles déjà fragilisées par des années d’insécurité chronique. Les enlèvements de civils en Ituri s’accompagnent ainsi systématiquement de cette logique de prédation économique.

Face à ces exactions, la réaction des autorités traditionnelles a été immédiate et ferme. Le chef de la chefferie de Panduru, Arnold Lokwa, a publiquement condamné ces violences, les qualifiant de violation flagrante des accords de paix signés dans la province. « Nous déplorons ces actes et appelons les responsables de la CODECO au respect des engagements pris en faveur du règlement pacifique des conflits », a-t-il déclaré. Il a réaffirmé un principe fondamental trop souvent ignoré : la population civile ne saurait être la cible des différends entre groupes armés. Cet appel résonne comme un cri d’alarme face à la fragilisation continue des processus de paix.

La société civile des forces vives de Mahagi, quant à elle, a tiré la sonnette d’alarme sur l’urgence sécuritaire. Ses représentants plaident pour un renforcement immédiat et tangible du dispositif militaire dans la zone. Pour les leaders communautaires, seule une présence accrue et proactive des Forces Armées de la RDC (FARDC) peut constituer un rempart crédible contre de nouvelles incursions. La sécurité en Ituri passe impérativement par une protection physique robuste des villages isolés, souvent laissés à la merci des milices. La libération des captifs de la CODECO, si elle est un soulagement, ne doit pas masquer la nécessité d’une action décisive.

Cet événement intervient dans un contexte régional toujours aussi volatil. Comment expliquer que des groupes signataires d’accords continuent de perpétrer de tels crimes ? La réponse semble résider dans un mélange d’impunité persistante, de rivalités foncières non résolues et d’une faible emprise de l’État dans ces territoires reculés. La milice CODECO, bien que fragmentée, conserve une capacité de nuisance qui menace la stabilité de toute la région. Les civils paient, une fois de plus, le plus lourd tribut.

Le bilan de cette brève occupation est donc lourd : des vies brisées par la torture, une économie locale pillée et une confiance envers les processus de paix ébranlée. La libération des seize civils, bien que positive, ne sonne pas comme une victoire. Elle est plutôt le rappel cruel d’une normalité sécuritaire intolérable. Tant que la réponse globale ne comblera pas le vide sécuritaire et ne s’attaquera pas aux racines du conflit, les villages de l’Ituri resteront à la merci de la prochaine incursion. La communauté internationale et les autorités nationales peuvent-elles encore ignorer cet appel à l’aide lancé depuis Mahagi ? L’heure n’est plus aux déclarations de principe, mais à l’action concrète pour la protection des innocents.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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