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Cacao RDC : arrestations arbitraires à Kasindi-Lubiriha étranglent l’économie locale

La filière café-cacao dans l’Est de la République Démocratique du Congo traverse une crise profonde, minée par des pratiques sécuritaires abusives qui menacent son existence même. À Kasindi-Lubiriha, cité frontalière stratégique à 90 km de Beni, les acteurs économiques dénoncent une vague d’arrestations arbitraires et de détentions illégales de la part de divers services étatiques. Cette situation, qui s’est intensifiée depuis le lancement de la grande récolte en août dernier, étouffe progressivement l’un des principaux moteurs économiques de la province du Nord-Kivu. Comment une activité aussi vitale pour des milliers de familles peut-elle survivre dans un climat de telle méfiance institutionnelle ?

Le constat est alarmant : sous couvert de lutte contre la fraude, militaires, policiers et agents de renseignement multiplient les interpellations musclées, confondant allègrement contrôle régulier et harcèlement pur et simple. Paul Zaidi, rapporteur de la société civile locale, résume cette dérive avec une clarté brutale : « Dès qu’un citoyen est trouvé avec du cacao, il est arrêté ou détenu illégalement. On ne peut pas traiter un cultivateur de fraudeur simplement parce qu’il transporte le fruit de son labeur. » Cette approche punitive, dépourvue de toute procédure d’enquête administrative préalable, sape les fondements mêmes de la traçabilité et décourage les producteurs de poursuivre leurs activités.

L’impact économique de cette paralysie sécuritaire est déjà mesurable. Les flux d’exportation du cacao congolais vers l’Ouganda, pourtant essentiels à l’équilibre commercial régional, ralentissent dangereusement. Les acheteurs, redoutant les saisies arbitraires, hésitent à honorer leurs engagements, provoquant une chute des prix à la production. Cette spirale négative affecte non seulement les revenus des ménages ruraux mais prive également l’État de précieuses recettes douanières. L’agriculture du Nord-Kivu, pilier historique de l’économie locale, se trouve ainsi prise en otage par des pratiques contraires à tout esprit de développement.

Face à cette urgence, la société civile a organisé une rencontre cruciale le 21 janvier, rassemblant l’ensemble des parties prenantes. L’objectif ? Clarifier les responsabilités, mettre un terme aux abus et définir un cadre de contrôle à la fois efficace et respectueux des droits des opérateurs. Car le gouvernement provincial avait pourtant anticipé le besoin de régulation en instaurant, dès décembre dernier, une brigade spécialisée dédiée au contrôle des exportations. Son efficacité est malheureusement annihilée par l’interférence constante d’autres services non autorisés, créant une cacophonie administrative dont seuls les trafiquants semblent profiter.

Pour restaurer un climat de confiance minimal, les opérateurs économiques exigent désormais trois garanties non négociables. Premièrement, l’exclusivité du contrôle doit être confiée à la brigade officielle, écartant définitivement les militaires et agents de renseignement de ce domaine purement civil. Deuxièmement, une charte d’éthique stricte doit encadrer le comportement des agents contrôleurs, avec un mécanisme de suivi rigoureux pour prévenir la corruption. Enfin, la sécurisation des trajets des paysans vers les centres de négoce doit être assurée, mettant fin aux « taxations » illicites qui grèvent encore davantage leurs maigres profits.

L’émissaire du gouverneur présent à la réunion a promis une fermeté totale contre les « brebis galeuses » de l’appareil sécuritaire. Reste à transformer ces paroles en actes concrets. L’enjeu dépasse la simple pacification d’une filière ; il s’agit de redéfinir le rôle de l’État dans l’accompagnement du secteur agricole congolais. L’exportation du cacao du Congo peut-elle redevenir un levier de développement plutôt qu’une source de conflits ? La réponse à cette question déterminera l’avenir économique de toute une région, où le cacao doit incarner l’espoir d’une prospérité partagée et non la menace d’une arrestation arbitraire.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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