La Direction générale des douanes et accises (DGDA) vient de clôturer l’année 2025 sur une note particulièrement vigoureuse, avec une mobilisation de recettes dépassant les attentes. Au mois de décembre, l’institution a collecté la somme colossale de 6 848 milliards de francs congolais (CDF), surpassant de 9% les 6 280 milliards prévus au Plan de trésorerie. Ce taux de réalisation de 109% ne constitue pas un simple dépassement d’objectif, mais le signal tangible d’une transformation structurelle au sein de l’administration fiscale congolaise.
Quels sont les ressorts de cette performance exceptionnelle des DGDA recettes ? L’analyse pointe sans équivoque vers la mise en œuvre rigoureuse de la réforme pétrolière RDC, initiée à l’été 2025. Cette réforme interministérielle, pilotée par les ministères de l’Économie nationale, des Finances et des Hydrocarbures, a opéré une rupture majeure en suspendant les exonérations et les paiements échelonnés pour l’importation des produits pétroliers. Le secteur, souvent perçu comme un gouffre pour les finances publiques RDC, est ainsi devenu en quelques mois un pilier de leur consolidation.
Le cœur de cette transformation réside dans une mesure phare : l’exclusion totale des sociétés minières et de leurs sous-traitants du mécanisme de subvention pétrolière, autrefois supporté par le Trésor public. Concrétisée par un arrêté interministériel du 2 mai 2025, cette décision a mis un terme à une dépense fiscale pétrolière devenue insoutenable, évaluée en moyenne à 15% des recettes courantes de l’État entre 2022 et 2023. Dès lors, la taxation des carburants consommés par ces géants de l’extraction est passée du statut de coût à celui de revenu.
L’impact sur les caisses de l’État est comparable à un tsunami fiscal positif. Les données de la DGDA sont éloquentes et illustrent l’effet d’un levier réglementaire bien actionné. Avant la réforme, sur la période de janvier à juillet 2025, les recettes mensuelles moyennes liées à ce poste s’établissaient à environ 4,4 milliards CDF. Après l’entrée en vigueur des nouvelles règles, d’août à décembre, cette moyenne a été propulsée à près de 78,5 milliards CDF mensuels, soit une augmentation vertigineuse de plus de 1 700%. Ce bond historique démontre l’efficacité d’une politique ciblée de rationalisation des charges.
Cette embellie ne relève pas du seul changement de réglementation. Elle est le fruit d’une action publique concertée et du renforcement des outils de contrôle. La Brigade de lutte contre la fraude et la contrebande pétrolière, bras armé du ministère des Hydrocarbures, a intensifié ses missions sur le terrain. Parallèlement, les opérations de marquage moléculaire des carburants se sont multipliées, créant un filet de sécurité technologique contre les trafics. Cette synergie entre réforme normative et suivi opérationnel a permis de colmater d’importantes fuites de revenus, transformant la pression fiscale en recettes effectives.
Cette success story économique pose une question fondamentale pour l’avenir : ce modèle de mobilisation accrue des recettes est-il reproductible à d’autres secteurs ? La réforme démontre qu’une approche rigoureuse, fondée sur la suppression des niches fiscales coûteuses et le renforcement de la gouvernance, peut produire des résultats rapides et significatifs. Pour les finances publiques RDC, longtemps fragilisées, elle offre une feuille de route vers une plus grande autonomie et une réduction de la dépendance aux ressources imprévisibles.
À plus long terme, l’enjeu sera de pérenniser ces gains tout en préservant la compétitivité des opérateurs économiques, notamment les sociétés minières soumises à cette nouvelle fiscalité. La clé résidera dans un dialogue constant et une transparence totale sur l’utilisation de ces fonds, qui doivent servir au développement d’infrastructures et à l’amélioration des services publics. La performance de la DGDA en 2025 n’est donc pas une fin en soi, mais le premier chapitre d’une refonte plus ambitieuse de la gestion des deniers publics en République Démocratique du Congo.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
