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Incendie à Kikwit : un parking pirate et l’absence de pompiers plongent la ville dans l’impuissance

Les flammes ont surgi dans la nuit de mardi à Kikwit, impitoyables et incontrôlables, réduisant en cendres le fruit du travail de plusieurs familles. Près du pont Lukemi, dans cette commune du Kwilu, un simple geste d’inattention – un mégot de cigarette jeté négligemment dans l’habitacle d’un véhicule – a déclenché une catastrophe. Trois poids lourds, une voiture et une maison ont été entièrement consumés, tandis que des stocks de produits agricoles et divers articles partaient en fumée. Le spectacle était désolant, et l’impuissance, totale.

“Nous étions là, à regarder brûler. On ne pouvait rien faire”, confie, la voix empreinte d’amertume, un habitant du quartier. Ce sentiment d’impuissance est partagé au plus haut niveau de la ville. Abbé Ngiama, le maire de Kikwit, dresse un constat accablant : “Ici, à Kikwit, nous n’avons même pas un véhicule anti-incendie. Ça n’a affecté que les véhicules cette fois, mais un jour, ça peut toucher des stations de vente de carburant et coûter des vies humaines.” Ses mots résonnent comme un cri d’alarme face à une vulnérabilité criante. Ce manque de véhicule anti-incendie à Kikwit transforme chaque départ de feu en potentielle tragédie, laissant les autorités et les citoyens spectateurs de leur propre malheur.

Le lieu même du sinistre interpelle : un parking pirate établi à côté du pont Lukemi. Ces installations sauvages, échappant à toute régulation et norme de sécurité, constituent des poudrières en plein cœur de la cité. L’incendie de Kikwit de cette nuit-là est venu cruellement rappeler les risques encourus. Comment une ville de cette importance peut-elle encore tolérer de tels espaces à haut risque ? La question de la sécurité urbaine et du respect des règles d’aménagement se pose avec une acuité nouvelle après ces dégâts matériels considérables.

Ce drame n’est malheureusement pas un incident isolé dans l’histoire récente de la capitale économique du Kwilu. La mémoire collective est encore marquée par les incendies précédents à Kikwit. Entre août et octobre de l’année dernière, la ville a été secouée par deux autres catastrophes. Le marché central de Kazamba avait été ravagé par les flammes, détruisant des dizaines de moulins, des dépôts de marchandises et des étals, plongeant des centaines de commerçants dans la précarité. Puis, en octobre, un feu domestique avait coûté la vie à deux enfants, leurs parents n’ayant pu les sauver qu’au prix de graves blessures. À chaque fois, le même scénario se répète : des flammes qui ravagent tout sur leur passage, et une communauté frappée de plein fouet, sans moyens adéquats pour réagir.

Face à cette répétition tragique, la plaidoirie du maire Ngiama pour une assistance urgente prend tout son sens. Il ne s’agit plus seulement de réagir, mais de prévenir. L’absence de corps de sapeurs-pompiers opérationnel est une faille béante dans le système de protection des biens et des personnes. Comment une ville peut-elle se développer, attirer les investissements et garantir la sécurité de ses habitants sans cette infrastructure de base ? Les dégâts matériels de l’incendie du Kwilu ne se chiffrent pas seulement en biens perdus, mais aussi en confiance érodée et en sentiment d’abandon.

L’incendie Kikwit de ce mardi est donc bien plus qu’un simple fait divers. C’est le symptôme d’un malaise profond, celui d’une urbanisation anarchique couplée à un déficit criant en équipements publics de sécurité. Les parkings pirates fleurissent en l’absence d’alternatives organisées, et les brasiers se déclarent en l’absence de moyens pour les éteindre. Jusqu’à quand les Kikwitois devront-ils vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête ? Quand une étincelle suffit à tout réduire à néant, la prévention et la préparation deviennent une question de vie ou de mort. La réponse des autorités provinciales et nationales à l’appel du maire sera le véritable indicateur de la valeur accordée à la sécurité des citoyens de cette région. L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action, avant que le prochain feu ne soit pas seulement matériel.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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