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Ferré Gola enfin payé : le symbole des retards après les Jeux de la Francophonie

Dans les méandres de l’administration culturelle congolaise, un dossier longtemps laissé en suspens vient de trouver son épilogue. Ce mardi à Kinshasa, l’atmosphère était empreinte d’une solennité particulière alors que Ferré Gola, de son vrai nom Hervé Gola Bataringe, franchissait le seuil du bureau du directeur national des IXes Jeux de la Francophonie. Plus de vingt-quatre mois après avoir enflammé le stade des Martyrs et résonné sous les voûtes du Palais du peuple, l’artiste congolais voit enfin son engagement honoré. La remise du chèque, un geste simple en apparence, clôt un chapitre d’attente qui en disait long sur les défis structurels du secteur.

La cérémonie de clôture des IXes Jeux de la Francophonie à Kinshasa demeure dans les mémoires comme un moment d’unité et de fierté nationale. Ferré Gola y avait apporté sa touche, sa voix devenant le vecteur d’une célébration collective. Pourtant, derrière la liesse et les images de succès diffusées à l’international, une autre réalité, plus prosaïque, persistait : celle des artistes congolais en attente de rémunération pour leur travail. Ce retard de paiement, longtemps passé sous silence, pose une question fondamentale : comment valoriser le talent local si ses créateurs ne sont pas rémunérés dans les temps ?

Isidore Kwandja Ngembo, le directeur national, a présenté cet acte comme l’honneur d’une promesse gouvernementale. « Le gouvernement de la République avait promis et a honoré son engagement », a-t-il déclaré, un discours qui cherche à rassurer quant à la fiabilité des institutions. Son annonce selon laquelle les efforts se poursuivront « pour que tous les prestataires des Jeux de la Francophonie puissent recouvrer leurs droits » sonne comme un vœu pieux pour beaucoup, mais aussi comme une lueur d’espoir nécessaire. La saga du paiement Ferré Gola devient ainsi le symbole d’un processus plus large de régularisation, mettant en lumière les difficultés de logistique et de trésorerie qui ont entouré l’organisation de cet événement d’envergure.

Rappelons le contexte évoqué par le Président Félix Tshisekedi lors de l’ouverture : une « conjoncture financière difficile », marquée par les séquelles de la pandémie de Covid-19 et l’instabilité sécuritaire dans l’Est. Organiser les Jeux de la Francophonie à Kinshasa était un pari ambitieux, un « symbole fort » pour affirmer le rôle de la RDC dans l’espace francophone. Le succès sportif et diplomatique est indéniable. Mais le succès administratif et moral se mesure aussi à la capacité à honorer ses dettes, surtout envers les artistes congolais qui ont forgé l’âme de cette manifestation. Leur rémunération n’est pas une faveur, c’est un droit, le fondement même d’une économie culturelle viable.

Cet épisode final, la réception de Ferré Gola et la remise solennelle du chèque, résonne au-delà de l’anecdote. Il dessine les contours des relations souvent complexes entre le pouvoir public et la scène artistique en RDC. Il interroge sur la pérennité des engagements pris dans l’effervescence des grands événements. La lenteur du processus, bien que couronnée de succès, laisse un goût mitigé. Pourquoi faut-il plus de deux ans pour solder une prestation ? Quels mécanismes peuvent être mis en place pour garantir à l’avenir des délais de paiement respectueux du travail des créateurs ?

La clôture de ce dossier pour Ferré Gola est une bonne nouvelle, un pas dans la bonne direction. Elle doit maintenant servir de précédent et de leçon pour l’organisation future d’événements culturels majeurs dans le pays. L’artiste congolais, par sa patience et son statut, a peut-être ouvert une brèche pour que d’autres voix, moins médiatisées, puissent aussi se faire entendre et obtenir ce qui leur est dû. La véritable victoire des IXes Jeux Francophonie RDC ne sera complète que lorsque tous les acteurs de son rayonnement, des athlètes aux techniciens, des bénévoles aux artistes, auront vu leur contribution pleinement reconnue, et surtout, rémunérée. Le chemin vers une gestion culturelle professionnelle et respectueuse est encore long, mais chaque étape, même tardive, compte.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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