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RDC et Ukraine : même combat contre la prédation des ressources et le trumpcarthysme

Les parallèles entre les conflits qui déchirent l’Est de la République Démocratique du Congo et l’Est de l’Ukraine révèlent une réalité géopolitique troublante. Selon une analyse approfondie du professeur Hubert Petit, médecin, juriste et ancien enseignant à l’Université de Kinshasa, ces deux régions sont victimes d’un même phénomène de prédation orchestré par des voisins avides de leurs ressources stratégiques. Cette simultanéité n’est pas un hasard, mais le symptôme d’un nouveau désordre mondial où la force brute supplante le droit international, créant un environnement international instable et dangereux.

La comparaison entre la prédation à l’Est de la RDC et celle observée en Ukraine s’impose d’elle-même. Dans les deux cas, il s’agit de tentatives de mainmise sur les richesses souterraines d’un État souverain par une puissance voisine. Le Rwanda, selon cette analyse, convoite les minerais essentiels aux nouvelles technologies qui abondent dans l’Est congolais. De l’autre côté du globe, la Russie de Vladimir Poutine, en tandem avec les intérêts américains sous l’ère Trump, jetterait son dévolu sur les fameuses terres rares du sous-sol ukrainien. Cette course aux ressources minerais et terres rares illustre un retour inquiétant à la loi du plus fort, où les frontières nationales deviennent perméables aux appétits économiques et stratégiques.

Comment expliquer ces violations flagrantes du droit international qui semblent se multiplier sans réelle conséquence pour leurs auteurs ? Le professeur Petit pointe du doigt l’émergence d’un nouveau désordre mondial, alimenté par la convergence d’intérêts entre puissances révisionnistes. Si Vladimir Poutine en a été un déclencheur majeur, le trumpisme aurait, selon lui, décuplé ce phénomène en normalisant un rapport cynique aux faits et aux règles établies. Cette dynamique crée un environnement où les violations du droit international deviennent monnaie courante, particulièrement dans les régions riches en ressources mais politiquement fragiles.

Le concept de « trumpcarthysme » forgé par l’expert mérite une attention particulière. Il décrit une dérive vertigineuse où s’entremêlent narcissisme exacerbé, culte de la personnalité et production industrielle de mensonges. Cette idéologie ne se limite pas aux frontières américaines ; elle irradie dans la politique internationale, justifiant des interventions belliqueuses et une cupidité désinhibée. Les velléités de mainmise sur les ressources du sous-sol congolais ou ukrainien s’inscriraient dans cette logique, tout comme les fantasmes expansionnistes sur le Groenland ou certaines provinces canadiennes. Ce trumpcarthysme contribue ainsi directement au désordre mondial en légitimant la remise en cause des souverainetés étatiques.

Quelles sont les conséquences de cette nouvelle ère géopolitique sur la gouvernance mondiale ? L’analyse propose le concept de « souk global » pour remplacer celui de « sud global ». Cette métaphore éloquente décrit un espace international où règnent le marchandage chaotique, les tractations imprévisibles et les droits de douane punitifs, au détriment des règles multilatérales établies. Dans ce bazar géopolitique, des alliances circonstancielles se forment, comme celle entre la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, basées sur des convergences d’intérêts immédiats plutôt que sur des valeurs partagées. Cette configuration marginalise l’Europe et l’Afrique, réduites au rôle de spectateurs ou de terrains d’expansion.

La situation actuelle interroge également les fondements de la démocratie et de la liberté d’expression. L’expert met en garde contre une instrumentalisation perverse de ces principes, où la liberté d’expression serait invoquée pour mieux étouffer les voix dissidentes et propager une éthique de l’irresponsabilité. Cette manipulation des concepts démocratiques sert de paravent à des politiques étrangères agressives, marquées par le bellicisme et le suprémacisme. Le cas de la RDC et de l’Ukraine démontre comment cette rhétorique peut être utilisée pour justifier des ingérences et des prédations économiques.

Quel message l’Afrique doit-elle retenir face à ce nouveau désordre mondial ? Pour le professeur Petit, le continent doit trouver le courage de dire non à la prédation et aux prétentions de voisins ou de puissances lointaines de s’accaparer illégalement des richesses qui ne leur appartiennent pas. La défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale doit redevenir une priorité absolue, transcendant les divisions internes. La similitude entre le combat de la RDC et celui de l’Ukraine suggère que la solidarité entre nations victimes de prédation pourrait être une réponse stratégique.

Finalement, l’analyse du professeur Hubert Petit dessine les contours d’un monde où les règles établies après la Seconde Guerre mondiale sont méthodiquement démantelées. La géopolitique Afrique Europe est particulièrement affectée par ce bouleversement, avec des conséquences encore difficiles à mesurer. Face à ce constat sombre, une question demeure : les démocraties assiégées parveniendront-elles à se ressaisir pour défendre un ordre international basé sur le droit, ou assistons-nous à l’avènement définitif d’une ère où seule la force fait loi ? La réponse à cette interrogation déterminera l’avenir non seulement de l’Est de la RDC et de l’Ukraine, mais de l’ensemble du système international.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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