Le gouvernement français a récemment exprimé son soutien aux initiatives diplomatiques visant à résoudre la crise persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration officielle, Paris a salué la réunion de haut niveau tenue à Lomé, au Togo, qui vise à renforcer la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Cette réunion, orchestrée par le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, s’inscrit dans une série d’efforts internationaux pour apporter une solution politique à un conflit qui dure depuis des décennies.
La France, par la voix de son ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a réaffirmé l’importance de respecter les engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha. Ces accords, soutenus par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, ont pour but de désamorcer les tensions entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’avec la rébellion du M23. Cependant, malgré ces déclarations d’intention, la situation sur le terrain reste volatile, avec des combats intermittents et des accusations mutuelles de violation des cessez-le-feu. Cette nouvelle déclaration de paix de la France pour la RDC vient rappeler la complexité des enjeux.
Le contexte géopolitique de la région des Grands Lacs est complexe. Les processus de Luanda et de Nairobi ont jeté les bases d’un dialogue, mais leur mise en œuvre rencontre d’importants obstacles. La France insiste sur la nécessité d’une désescalade immédiate, incluant le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la cessation des hostilités par le M23. Pourtant, ces demandes se heurtent à une réalité difficile : les parties prenantes semblent souvent incapables de traduire les paroles en actes. Pourquoi les accords de Washington et de Doha concernant le M23 peinent-ils tant à se matérialiser ?
Une partie de la réponse réside dans le manque de confiance chronique entre les acteurs. Kinshasa et Kigali, bien qu’ayant entériné les accords de Washington sous l’égide de l’administration Trump, continuent de s’accuser mutuellement de mauvaise foi. De même, les discussions de Doha, qui devraient aborder les causes profondes du conflit comme la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des combattants, sont au point mort. Plusieurs mesures convenues, telles que le mécanisme de cessez-le-feu ou l’accord-cadre de novembre dernier, n’ont toujours pas été appliquées, laissant la crise dans l’Est de la RDC en proie à l’instabilité.
Cette inertie diplomatique a des conséquences directes et dramatiques sur le terrain. Les violents affrontements entre les forces gouvernementales congolaises et le M23, soutenu par le Rwanda, se poursuivent, entraînant des déplacements massifs de population et des souffrances humanitaires croissantes. Parallèlement, le dialogue national inclusif, réclamé par de nombreux acteurs sociopolitiques congolais pour légitimer le processus de paix, tarde à être convoqué. Dans ce contexte, l’Angola, après avoir annoncé son retrait de la médiation en mars 2025, effectue un retour discret mais significatif. Luanda a relancé des consultations élargies avec les parties prenantes, cherchant à raviver une dynamique de paix qui semble s’essouffler.
La réunion de haut niveau à Lomé représente donc un nouvel effort pour coordonner les initiatives disparates et insuffler un nouvel élan à la diplomatie régionale. Mais suffira-t-elle à briser l’impasse ? Les observateurs internationaux restent prudents. La France, en soutenant cette initiative, appelle à une action concertée et au respect des engagements. Cependant, sans une volonté politique ferme et univoque de toutes les parties, les beaux discours risquent de rester lettre morte. L’avenir du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs dépendra de la capacité des acteurs locaux et internationaux à surmonter les méfiances profondes et à prioriser enfin la stabilité régionale sur les intérêts particuliers à court terme. La déclaration française sert de rappel, mais l’action concrète reste l’unique voie pour sortir de cette crise.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
