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Mambasa en état de siège : 14 groupes armés sèment la terreur dans l’Ituri

La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en Ituri, a atteint un niveau de gravité critique. Un rapport de monitoring publié ce mardi par la Convention pour le respect des droits humains (CRDH) tire la sonnette d’alarme sur une dégradation spectaculaire de l’ordre public. L’ONG documente la présence active d’au moins quatorze groupes armés distincts qui terrorisent les populations civiles en toute impunité. Cette prolifération de factions rivales transforme des pans entiers du territoire en zones de non-droit.

Le cœur de la crise se situe dans la chefferie de Babila Bakwanza. Depuis le début de l’année 2026, cette entité est devenue le théâtre d’atrocités systématiques. Les civils y sont la cible d’une violence décomplexée, allant bien au-delà des simples affrontements entre belligérants. Tueries, enlèvements, actes de torture et pillages sont érigés en mode de gouvernance par des hommes armés. Comment une telle escalade a-t-elle pu se produire en si peu de temps ? L’absence flagrante de l’autorité de l’État offre un terreau fertile à cette anarchie meurtrière.

Le rapport de la CRDH, basé sur un travail de terrain minutieux, détaille plusieurs incidents récents qui illustrent l’horreur quotidienne. Le 5 janvier dernier, des miliciens « Wazalendo » opérant dans la localité de Mamulembo ont arrêté arbitrairement deux civils. Les deux hommes ont été soumis à des sévices et actes de torture. L’un d’eux n’a pas survécu à ses blessures, succombant aux violences infligées. Cet événement n’est malheureusement pas un cas isolé, mais le reflet d’une pratique courante parmi les groupes armés à Mambasa.

La terreur s’étend également aux activités les plus banales. Le 15 janvier, un cultivateur d’une cinquantaine d’années a été enlevé alors qu’il travaillait dans son champ à Kibenete, non loin de Biakato. Il a été exécuté sommairement par ses ravisseurs. Trois jours plus tard, le 18 janvier, la convoitise autour des ressources minières a provoqué un bain de sang à Elota. Des affrontements entre factions rivales pour le contrôle d’un site aurifère ont causé la mort d’une dizaine de civils pris au piège des combats. La confrontation s’est soldée par un pillage en règle de l’or présent sur place.

Face à cette situation catastrophique, la CRDH monte au créneau pour dénoncer un silence coupable. L’organisation condamne avec la plus grande fermeté l’inaction des autorités, une inaction qui met délibérément en péril la vie de milliers de Congolais. Ram’s Malikidogo, représentant de l’ONG dans la zone de Babila Bakwanza, lance un appel pressant. « Il est impératif que l’autorité de l’État soit restaurée dans les différentes entités de la chefferie pour mettre fin à ces pratiques moyenâgeuses », insiste-t-il. Et d’ajouter, « La population ne peut plus vivre sous la menace permanente de mort et de torture. Un déploiement urgent et robuste des forces de l’ordre est une question de vie ou de mort. »

Cet appel résonne dans un vide inquiétant. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été obtenue de la part de l’administration du territoire de Mambasa concernant ces allégations de violations massives des droits de l’homme. Ce mutisme nourrit un sentiment d’abandon parmi les communautés locales et renforce l’impunité dont jouissent les auteurs de ces crimes. L’insécurité à Mambasa, alimentée par les conflits sur le territoire, crée un cycle vicieux de violence et de peur.

La présence de ces nombreux groupes armés en Ituri ne date pas d’hier, mais leur capacité de nuisance et leur fragmentation actuelle atteignent un paroxysme. Les violations des droits humains documentées par la CRDH ne sont que la partie visible d’une crise humanitaire plus large, avec des déplacements de population et un accès aux services de base rendu impossible. La chefferie de Babila Bakwanza est-elle condamnée à sombrer davantage ? La balle est désormais dans le camp des autorités provinciales et nationales. La restauration de la sécurité publique passe par une réponse coordonnée, ferme et visible. Sans elle, les rapports continueront de s’accumuler pour dénoncer les mêmes horreurs, tandis que les civils paieront le prix fort de cette insécurité généralisée.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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