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Détention arbitraire de Nathanaël Onokomba à la prison militaire Ndolo

La détention de Nathanaël Onokomba, jeune opposant politique, à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa, soulève de graves interrogations quant au respect des procédures judiciaires en République Démocratique du Congo. Arrêté le 5 janvier dernier, il est maintenu en détention depuis le 12 janvier dans cette enceinte pénitentiaire militaire, sans avoir été présenté à un magistrat instructeur et en l’absence de tout acte d’instruction régulièrement établi. Cette situation, qualifiée d’arbitraire par la défense, met en lumière des pratiques susceptibles de porter atteinte aux fondamentaux de l’État de droit.

Les circonstances de son interpellation, décrites comme un enlèvement à l’issue d’une conférence dans la commune de Ngaliema, ont immédiatement alerté les observateurs des droits de l’homme. Le transfert et le maintien prolongé de Nathanaël Onokomba dans une structure relevant de l’autorité militaire, alors qu’il est un civil, constituent un premier motif d’inquiétude. En effet, la détention dans un tel établissement, habituellement réservé aux personnels des forces armées, peut compliquer l’accès à une défense effective et expose le détenu à un régime carcéral inadapté à son statut.

Dans un communiqué rendu public ce lundi 19 janvier, Me Godefroy K. Mwanabwato, l’avocat de l’opposant, a formalisé ses vives préoccupations. « En ce 19 janvier 2026, soit plus de 216 heures après son enlèvement, aucun magistrat ne l’a entendu et aucun acte d’instruction régulier n’a été initié, tandis que son maintien dans une prison militaire suscite de sérieuses inquiétudes quant à son traitement », peut-on lire dans ce document. Cette déclaration souligne un vide procédural flagrant qui remet en cause la légalité même de la privation de liberté.

L’avocat a exigé la libération « immédiate » de son client, « faute de base légale justifiant sa détention à ce jour ». Parallèlement, il a réclamé « l’ouverture d’une enquête indépendante sur les actes de torture et les violations de procédure présumées perpétrées par le Conseil national de cyberdéfense, ainsi que la mise en cause disciplinaire et pénale des agents impliqués ». Ces allégations graves, si elles devaient être vérifiées, pointeraient du doigt les méthodes employées par cet organe de l’État, chargé de la sécurité numérique, et poseraient la question de son cadre d’action légal.

Le profil de Nathanaël Onokomba apporte un éclairage particulier sur cette affaire. Habitant du district de la Tshangu, il est connu pour ses analyses critiques et détaillées mettant en lumière certaines failles structurelles de l’appareil étatique. Militant pour une « jeunesse extra-système », qu’il estime marginalisée dans l’accès aux opportunités, sa voix a résonné ces derniers mois lors de conférences à travers le pays, où il était de plus en plus sollicité par des organisations de jeunes et estudiantines. Son arrestation intervient dans un contexte où la liberté d’expression et le droit à la critique politique font l’objet d’une attention soutenue de la part de la société civile.

Lors d’une conférence de presse tenue la semaine précédente, Me Mwanabwato avait déjà dénoncé sans ambages le caractère arbitraire de cette détention. Il avait alors estimé que cette situation « bafoue les principes fondamentaux de l’État de droit » et constitue un « déni de justice ». La répétition de ces accusations, assorties cette fois d’une demande formelle d’enquête, indique une escalade dans la stratégie de la défense pour obtenir gain de cause et attirer l’attention nationale et internationale sur ce dossier.

Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge les garanties procédurales encadrant les privations de liberté en RDC. Le Code de procédure pénale congolais impose des délais stricts pour la présentation d’un détenu devant un magistrat et la notification des charges. L’absence persistante d’audition et d’acte d’instruction régulier pourrait s’apparenter à une détention illégale, une infraction pénale. Le choix du lieu de détention, la prison militaire de Ndolo, ajoute une couche de complexité et d’opacité, rendant plus difficile le contrôle juridictionnel normalement exercé par les tribunaux de droit commun.

Les prochaines étapes seront déterminantes. La justice civile sera-t-elle saisie pour statuer sur la régularité de la détention ? Les autorités compétentes donneront-elles suite à la requête en ouverture d’une enquête indépendante sur les agissements du Conseil national de cyberdéfense ? L’absence de réaction des autorités judiciaires ou gouvernementales face à ces allégations serait, en elle-même, un signal inquiétant. Pour l’heure, Nathanaël Onokomba reste incarcéré à la prison militaire de Ndolo, dans l’attente d’une régularisation de sa situation ou d’une décision qui, espère-t-il, lui rendra sa liberté.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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