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Conflit M23 Nord-Kivu : Walikale étouffe, Pinga coupée du monde face à une crise humanitaire sans précédent

Le territoire de Walikale, dans le Nord-Kivu, sombre un peu plus chaque jour dans une crise humanitaire d’une ampleur catastrophique. Pris en tenaille entre l’offensive de la rébellion AFC/M23 et l’activisme d’une myriade d’autres groupes armés, cette région de l’Est de la République Démocratique du Congo paie un lourd tribut. Les civils, otages de cette guerre sans fin, sont aujourd’hui confrontés à un isolement absolu et à une rupture criante de l’aide essentielle.

Selon un récent aperçu du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), la situation est demeurée extrêmement tendue tout au long du mois de décembre 2025 dans la zone de santé de Pinga. Des affrontements récurrents entre factions armées ont secoué plusieurs localités le long de l’axe Kalembe–Mpeti–Pinga, semant la terreur et provoquant des mouvements de panique parmi les populations. Le 6 décembre, des combats violents éclataient à Chanjikiro, dans le groupement Kisimba, déclenchant des déplacements massifs dont le bilan exact reste encore à établir.

Quelques jours plus tard, le 12 décembre, un nouvel ordre d’évacuation tombait comme un couperet sur le village de Kateku. Des éléments armés, invoquant des opérations militaires imminentes, ont sommé plus de 6 300 habitants de quitter leurs foyers dans l’urgence. Une fuite éperdue s’est ensuivie vers les localités de Kimaka, Miriki, Buleusa, Kayna et Kanyabayonga, ajoutant des milliers de nouveaux déplacés Nord-Kivu à une liste déjà interminable. Comment une population déjà exsangue peut-elle survivre à de tels chocs répétés ?

Cette partie de la ZS de Pinga est aujourd’hui coupée du monde. OCHA dénonce des « contraintes d’accès physiques et sécuritaires » qui paralysent totalement la présence et la mobilité des acteurs humanitaires. Cette isolation géographique et sécuritaire a des conséquences directes et dramatiques sur la santé publique. Les autorités sanitaires locales ont tiré la sonnette d’alarme : une rupture de stock généralisée en médicaments et intrants nutritionnels frappe l’Hôpital général de référence de Pinga et la majorité des structures de santé de la zone.

Près de 200 000 personnes, réparties dans les groupements de Kishali, Ihana et Kisimba, sont directement privées de soins. La situation est d’autant plus critique que le dernier partenaire humanitaire présent, MEDAIR, a quitté la zone en avril 2025. Depuis, plus personne. « L’absence de partenaires humanitaires (…) couplée à l’isolement géographique de la zone, entrave gravement la prise en charge médicale de la population », constate amèrement le rapport onusien. La crise humanitaire à Walikale atteint ainsi un point de non-retour.

L’année 2025 a été marquée par une escalade sans précédent du conflit M23 Nord-Kivu, appuyé selon Kinshasa par le Rwanda. Cette recrudescence des violences a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, alourdissant un fardeau humanitaire déjà critique. Les routes sont coupées, l’insécurité est omniprésente, rendant toute intervention une gageure. L’accès humanitaire en RDC est-il devenu une mission impossible ?

Malgré ce contexte périlleux, certaines organisations tentent de maintenir des opérations vitales. Des négociations opaques et risquées sont menées pour tenter d’atteindre les zones les plus affectées. L’objectif : fournir des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire et une assistance de première nécessité à des populations au bord du gouffre. Les Nations Unies rappellent avec insistance l’impératif de garantir un accès humanitaire « rapide, sans entrave et sécurisé ». Un appel qui semble, pour l’heure, rester lettre morte face à la réalité du terrain.

Les initiatives diplomatiques, comme le processus de Washington piloté par les États-Unis ou la médiation qatarie, peinent à produire des effets tangibles sur le terrain. Les déclarations et les signatures d’accords se succèdent, mais les armes, elles, ne se taisent pas. Près de trois décennies de conflit ont épuisé les espoirs. La communauté internationale et les parties prenantes régionales seront-elles enfin capables de traduire leurs engagements en actes concrets pour offrir une chance à la paix ? La réponse à cette question déterminera le sort de millions de Congolais pris au piège dans l’Est du pays.

En attendant, à Pinga et dans tout le Walikale, la loi de la jungle et des armes prévaut. Les civils, otages d’un conflit qui les dépasse, continuent de payer le prix fort, dans l’indifférence et l’isolement. La crise humanitaire, loin de s’atténuer, s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’oubli et l’irrémédiable.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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