Dans le secteur de Ruwenzori, au territoire de Beni, le réseau des routes de desserte agricole s’apparente désormais à un goulot d’étranglement économique. Leur état de délabrement avancé paralyse littéralement l’économie rurale Nord-Kivu, isolant les producteurs de leurs champs et des marchés. Cette situation, dénoncée avec force par la societé civile Beni, transforme le grenier potentiel de la région en un espace de confinement économique, où les promesses de développement se heurtent à l’impraticabilité du terrain.
Comment un secteur aussi vital que l’agriculture peut-il prospérer lorsque ses artères sont obstruées ? La question se pose avec acuité dans le secteur Ruwenzori, où l’ensemble des axes Nord, Sud et Ouest sont touchés par une dégradation systémique. Le tronçon Kalembo-Kikingi, colonne vertébrale de l’accès aux zones de production, n’est plus praticable au-delà de la localité de Mwenda. Cet effritement des infrastructures représente bien plus qu’une simple gêne logistique ; c’est un frein majeur à la création de valeur ajoutée et à la sécurité alimentaire de toute une région.
Les conséquences économiques sont tangibles et sévères. L’impossibilité d’évacuer les récoltes vers les centres de consommation de Beni et au-delà génère des pertes post-récolte considérables, érode les revenus des ménages paysans et contribue à l’inflation des prix sur les marchés urbains. Riccardo Rupande, président de la société civile locale, résume cette impasse : « Il faut coûte que coûte que les routes de desserte agricole soient réhabilitées pour que les villageois puissent accéder à leurs champs de manière paisible. Si nous avons des routes, nous pourrons mener nos activités comme il se doit ». Son plaidoyer, lancé en ce début d’année 2026, souligne l’urgence d’une action concrète pour désenclaver l’économie rurale Nord-Kivu.
Face à cette pression citoyenne, les autorités locales tentent d’apporter des réponses. Le chef du secteur de Ruwenzori a assuré que les travaux de réhabilitation routes Beni débuteraient « incessamment », s’inscrivant dans le cadre des engagements pris l’an dernier par le gouvernement provincial. Cette annonce, bien qu’attendue, est accueillie avec une prudence mêlée d’espoir par les agriculteurs, lassés par le cycle des promesses non tenues. La population est appelée à la patience, mais le temps presse : chaque saison perdue à cause de l’inaccessibilité des champs creuse un peu plus le déficit de production et aggrave la précarité.
La réhabilitation routes Beni dans le secteur Ruwenzori dépasse ainsi la simple question de mobilité. Elle est un prérequis incontournable pour la relance d’une filière agricole structurante. Sans ces axes, aucun programme de modernisation de l’agriculture, d’accès aux intrants ou de commercialisation groupée ne peut porter ses fruits. L’investissement dans ces infrastructures représente donc un multiplicateur économique essentiel, capable de libérer le potentiel productif de centaines de paysans et de stimuler les échanges commerciaux intra-régionaux.
À plus long terme, la pérennité de l’économie rurale Nord-Kivu dépendra de la mise en place d’un mécanisme durable d’entretien de ces voies de communication, souvent vulnérables aux intempéries. Le plaidoyer de la société civile Beni doit ainsi évoluer vers un dialogue permanent avec les autorités pour garantir que la réhabilitation actuellement promise ne soit pas un simple pansement, mais le point de départ d’une politique routière rurale inclusive et résiliente. L’enjeu est de taille : transformer ces chemins de terre défoncés en véritables routes de la prospérité partagée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
