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Kinshasa déclare la guerre aux embouteillages avec 3000 agents

Jean, chauffeur de taxi depuis quinze ans, a les yeux rivés sur le compteur qui affiche 17h30. Son passager, un homme d’affaires pressé, soupire profondément. Ils sont bloqués depuis quarante minutes au carrefour de la Gombe, moteur coupé, dans une chaleur étouffante. « C’est mon quotidien, confie-t-il, la voix teintée de lassitude. Je perds l’équivalent de deux jours de salaire par semaine à rester coincé dans ces embouteillages Kinshasa. Et le pire, c’est de voir des motos slalomer entre les voitures, des camions garés n’importe où… c’est la jungle. » Cette scène, des milliers de Kinois la vivent chaque jour, transformant les déplacements en parcours du combattant. Mais une annonce pourrait bien changer la donne.

Ce lundi, le gouverneur de la ville-province, Daniel Bumba, a en effet tiré la sonnette d’alarme et dévoilé un plan d’urgence. Dès le 26 janvier, pas moins de trois mille agents, issus de la Police nationale congolaise, de la division des transports et d’autres services, seront déployés sur le terrain. Ce déploiement agents circulation massif ciblera soixante carrefours et axes routiers stratégiques, véritables points noirs de la capitale. Leur mission ? Ramener un peu d’ordre dans ce chaos quotidien. « Leur mission est claire : faire respecter la loi et les règlements, fluidifier la circulation et protéger la vie des usagers. Désormais, le respect du code de la route Kinshasa n’est plus une option, mais une obligation », a martelé l’autorité provinciale. Une déclaration qui sonne comme un ultimatum adressé à tous les usagers, des conducteurs de bus aux propriétaires de voitures.

Mais concrètement, que signifient ces mesures circulation Kinshasa pour le Kinois lambda ? À partir de la date butoir, les contrôles vont se multiplier et se systématiser. Permis de conduire, contrôle technique, vignette, assurance… aucun document ne sera laissé au hasard. Les transporteurs en commun devront également afficher et respecter scrupuleusement la grille tarifaire officielle. La sanction pour les contrevenants sera sans appel : amendes salées, immobilisation immédiate du véhicule et mise en fourrière. Le message est on ne peut plus clair : l’ère de l’impunité sur les routes de la capitale est révolue.

Les poids lourds et véhicules de livraison devront, quant à eux, revisiter complètement leur organisation logistique. Un couvre-feu routier leur est imposé : circulation autorisée uniquement entre 22h et 5h les lundi, mardi et mercredi. Les autres jours, l’accès au centre-ville leur est interdit en dehors de cette même plage horaire nocturne. Une mesure radicale qui vise à désengorger les artères principales aux heures de pointe. Par ailleurs, les stationnements sauvages, ces véritables fléaux qui rétrécissent les chaussées, sont strictement prohibés. Les motos-taxis et tricycles, souvent pointés du doigt pour leur conduite dangereuse, resteront bannis de la route nationale N°1, tout comme les « marchés pirates » qui empiètent sur la voie publique.

Derrière cette batterie de restrictions, quelle philosophie ? Le gouverneur Bumba insiste : l’objectif est de protéger, non de punir. « La discipline routière sauve des vies, fait gagner du temps et fait progresser Kinshasa », a-t-il plaidé, appelant au civisme de chacun. Cette ambition de sécurité routière Kinshasa est louable, mais son application sur le terrain suscite déjà des questions. Trois mille agents suffiront-ils à couvrir l’immensité de la capitale ? Seront-ils équipés et formés pour faire face à des conducteurs parfois hostiles ? La corruption, mal endémique qui a souvent anéanti les initiatives passées, sera-t-elle cette fois-ci fermement combattue ?

Pour Aminata, vendeuse ambulante au marché de la Liberté, ces mesures sont une lueur d’espoir. « Je marche des kilomètres chaque jour pour éviter les transports en commun, trop chers et imprévisibles à cause des bouchons. Si on pouvait circuler normalement, ça changerait ma vie, et celle de beaucoup de petits commerçants comme moi. » Son témoignage rappelle que les embouteillages ne sont pas qu’une nuisance, mais un frein au développement économique et social.

Le succès de cette opération d’envergure repose sur un équilibre fragile entre fermeté et pédagogie. Il ne s’agit pas seulement de réprimer, mais d’éduquer, de sensibiliser, et de proposer des alternatives. La fluidité de la circulation à Kinshasa est un enjeu de santé publique, de productivité et de qualité de vie. Le défi est immense, mais l’annonce du gouverneur Bumba marque peut-être un tournant. La capitale, asphyxiée par ses propres véhicules, pourra-t-elle enfin retrouver son souffle ? La réponse se jouera dans les prochaines semaines, au coin de chaque rue, sous le regard de ces milliers d’agents qui incarnent désormais l’espoir d’une ville en mouvement.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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