Le soleil tape dur sur l’avenue Lokenyo, à Selembao. Sous une chaleur accablante, des silhouettes courbées traînent péniblement des bidons jaunes et des bassines. Cette scène, devenue banale, est le quotidien de milliers de familles du quartier Hérady, plongées dans une pénurie d’eau Kinshasa silencieuse mais brutale. Depuis près de deux mois, l’eau potable a disparu des robinets, laissant la population dans un désarroi total. L’absence de la REGIDESO Selembao, le principal fournisseur public, sans la moindre explication, a créé un vide que seuls les intérêts privés comblent.
« Avant, nous avions l’eau de la REGIDESO. Aujourd’hui, nous dépendons totalement des forages. Chaque jour, il faut payer pour avoir de l’eau, alors que c’est un droit », soupire Jean, habitant de l’avenue Lokenyo, le visage marqué par la fatigue. Son témoignage résume le calvaire partagé. Les rues Lutete, Lokenyo et autres artères du quartier Hérady eau sont désormais parsemées de ces contenants, symboles d’une précarité imposée. Les femmes et les enfants parcourent des kilomètres pour s’approvisionner, une corvée quotidienne qui vole du temps, de l’énergie et de la dignité.
Face à ce désengagement de l’État, une économie parallèle a fleuri. Les forages privés Kinshasa ont proliféré, installés par des particuliers qui vendent le précieux liquide. Devenus la principale source d’approvisionnement, ces forages soulagent dans l’immédiat, mais alourdissent le fardeau financier des ménages. « Un bidon de 20 litres coûte 500 francs congolais. Pour une famille, ça représente des milliers de francs par jour. Comment faire face quand on vit déjà au jour le jour ? », interroge Marie, mère de cinq enfants. Cette marchandisation de l’eau creuse les inégalités et expose les plus vulnérables à des risques sanitaires, la qualité de cette eau n’étant souvent pas contrôlée.
Lorsque les nuages s’amoncellent, un semblant d’espoir renaît. La pluie devient alors une véritable bouée de sauvetage. Les habitants se précipitent pour recueillir chaque goutte dans des seaux, des bassines, tout ce qui peut contenir. « L’eau de pluie, on l’utilise pour la lessive, le nettoyage, parfois même pour cuisiner quand on n’a pas le choix », explique Chantal, en montrant ses récipients alignés dans la cour. Cette pratique de survie, digne d’une autre époque, en dit long sur la gravité de la crise eau potable RDC qui frappe ce coin de la capitale. Jusqu’où faudra-t-il que la population s’adapte à la débrouille pour un besoin aussi fondamental ?
La colère monte doucement, teintée d’un profond sentiment d’abandon. Les habitants pointent du doigt la REGIDESO Selembao, dont le silence est assourdissant. Aucune communication, aucun calendrier de retour à la normale, aucune solution d’urgence proposée. Cette absence nourrit les spéculations : problèmes techniques, manque de moyens, gestion défaillante ? Le flou persiste, tandis que la souffrance, elle, est bien tangible. Cette situation met en lumière une faille béante dans la gestion des services publics essentiels. L’accès à l’eau potable, reconnu comme un droit humain fondamental, est-il en train de devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent payer les forages privés Kinshasa ?
L’appel lancé par les résidents de Hérady est un cri du cœur. Ils demandent une intervention rapide et durable des autorités compétentes et de la REGIDESO. Pour eux, il n’est plus tolérable que leur survie dépende de la pluie ou de la charité de vendeurs d’eau. Cette pénurie eau Kinshasa dans le quartier Hérady eau n’est pas qu’un problème local ; c’est le symptôme d’une gestion publique en crise. Quand l’État se retire, le business prend le relais, au détriment des plus pauvres. La solution ne peut être que structurelle : investissement dans les infrastructures, transparence dans la gestion, et priorité absolue donnée à ce service vital. Le temps des demi-mesures est révolu. La population attend des actes concrets, car sans eau, il n’y a tout simplement pas de vie possible.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
