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Crise à Kasaji : la reprise des cours cache-t-elle une solution durable pour l’université ?

Le calme est-il vraiment revenu au Centre universitaire de Kasaji ? Après plusieurs jours de tension et de manifestations qui ont paralysé l’établissement, les activités académiques ont repris ce jeudi, dans un climat d’attente et d’espoir mitigé. Les étudiants, soutenus par leurs parents, étaient descendus dans la rue pour protester contre l’annonce brutale de la fermeture de leur centre, une décision unilatérale du recteur de l’Université de Kolwezi (UNIKOL), le professeur Yvon Mwenge Muhongo. Comment une telle décision, touchant à l’avenir de centaines de jeunes, a-t-elle pu être prise sans concertation ?

La reprise des cours, aussi fragile soit-elle, fait suite à l’intervention directe de la gouverneure de la province du Lualaba, Fifi Masuka Saini. Celle-ci a lancé un appel au calme et a promis de trouver une solution durable dans les plus brefs délais. Selon le président des étudiants, Isaac Tshikund Yuk, la cheffe de l’exécutif provincial s’est engagée à dépêcher une équipe sur place pour évaluer la viabilité et les besoins réels du centre. « Nous avons repris les cours sur instruction de la gouverneure, qui nous a rassurés qu’une solution sera trouvée dans un bref délai », a-t-il déclaré, résumant le sentiment d’attente prudent qui anime désormais les amphithéâtres.

Mais au-delà de la simple reprise, quelle est la revendication fondamentale portée par ces jeunes ? Les étudiants du Centre universitaire de Kasaji ne demandent pas simplement le maintien de l’établissement ; ils exigent son autonomisation et sa transformation en une université à part entière. Une demande qu’ils estiment plus que légitime au vu de l’historique et de la capacité d’accueil du site. « Ce centre existe depuis plus de deux décennies. Nous sommes aujourd’hui à la 20ᵉ promotion, avec près de 500 étudiants venus de différents territoires, notamment Dilolo, Sandoa, Kapanga, et même de la ville de Kolwezi », argumente Isaac Tshikund Yuk. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’infrastructure est ancrée dans le paysage éducatif local et répond à un besoin criant.

Face à cette mobilisation, la proposition alternative du rectorat de l’Université de Kolwezi – celle de déplacer les étudiants vers le siège principal – a été vivement rejetée. Les étudiants invoquent, avec raison, le coût de la vie exorbitant à Kolwezi, ville minière où les loyers et les dépenses quotidiennes sont souvent inaccessibles pour des familles modestes. « Certains étudiants travaillent ici, à la mairie ou dans les activités champêtres. Il leur serait difficile de survivre à Kolwezi », explique le représentant étudiant. Cette réalité socio-économique met en lumière un défi crucial : l’accès à l’enseignement supérieur doit-il être conditionné par la capacité financière des familles ?

Alors que les manifestations étudiants Lualaba ont cessé, l’apaisement des esprits reste tributaire de l’action concrète des autorités. Les étudiants saluent l’implication des acteurs locaux ayant contribué au dialogue, mais leur patience a des limites. Ils attendent désormais avec une impatience grandissante la matérialisation des promesses. La visite de l’équipe d’évaluation promise par la gouverneure sera un premier test décisif. L’enjeu dépasse la simple gestion de crise ; il s’agit de définir une politique éducative inclusive pour toute une province, capable de retenir ses talents et de former sa jeunesse sur son propre sol.

La reprise cours Kasaji n’est donc qu’une trêve. L’avenir du Centre universitaire de Kasaji, et par extension celui de centaines d’étudiants, se jouera dans les prochaines semaines. Les autorités provinciales et le rectorat de l’UNIKOL sauront-ils trouver un compromis qui préserve ce précieux maillon de l’enseignement supérieur dans le Lualaba ? La question de l’autonomisation centre universitaire est au cœur d’un débat plus large sur la décentralisation et l’adaptation de l’offre universitaire aux réalités locales. L’éducation n’est pas une variable d’ajustement ; elle est un droit fondamental et un levier essentiel pour le développement de la RDC.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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