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Accident mortel à Muluma : la RN1 ensanglantée par des inciviques

Le soleil tapait dur sur l’asphalte de la RN1 ce jeudi 15 janvier. Au village Muluma, dans le territoire de Masi-Manimba, la routine matinale a basculé dans l’horreur en quelques secondes. Un crissement de pneus, un choc sourd, puis des cris déchirants. Bilan : cinq morts, plusieurs blessés graves, et un véhicule réduit en cendres. La cause ? Une barricade illégale dressée par des inciviques qui transportaient un cercueil pour une inhumation. Cette scène de cauchemar résume le drame qui a frappé cette portion de la route nationale 1, plongeant toute une communauté dans le deuil.

L’accident, qui s’est produit sur cette artère vitale du Kwilu, impliquait une jeep de la société SANRU, en provenance de Kinshasa à destination de Kikwit. Selon les premiers éléments, le chauffeur a été intercepté par un groupe d’individus qui avaient déposé un cercueil sur la chaussée et barricadé la route, exigeant de l’argent pour libérer le passage. Pris de panique, le conducteur aurait tenté de fuir, perdant le contrôle du véhicule qui a heurté violemment plusieurs personnes présentes sur les lieux. Les inciviques, après avoir posé leur macabre obstacle, se sont enfuis, laissant derrière eux le chaos et la tragédie.

Emery Kanguma, administrateur du territoire de Masi-Manimba, n’a pas caché son émotion face à cette tragédie : « Le territoire de Masi-Manimba a connu une tragédie qui nous angoisse encore. Il y a eu un accident sur la RN1, au village Muluma, qui a causé des morts et plusieurs blessés. Le véhicule est une jeep de la SANRU. Des inciviques transportaient un corps pour l’enterrement et exigeaient de l’argent au chauffeur. Lorsque ce dernier a voulu fuir et les éviter, l’accident est survenu. Les inciviques ont pris la fuite après avoir déposé le corps sur la route. Le véhicule a d’ailleurs été incendié. » Ce témoignage officiel souligne l’absurdité et la dangerosité de ces pratiques qui persistent sur nos axes routiers.

Après le drame, la RN1 portait les stigmates de la violence. Le véhicule endommagé est resté sur la chaussée, tandis que plusieurs corps sans vie gisaient aux abords de la route, en attente de l’intervention des services de secours et de la police. Les six voyageurs à bord de la jeep, miraculeusement épargnés, ont été placés sous protection policière, choqués mais vivants. Cette image de désolation interroge profondément sur la sécurité des usagers dans la région. Comment en est-on arrivé à un tel niveau d’incivisme, où la vie humaine semble si peu valorisée face à la cupidité de quelques-uns ?

Cet accident mortel à Muluma soulève des questions brûlantes sur la sécurité routière en République Démocratique du Congo. Jusqu’où iront ces pratiques d’un autre temps ? Comment des individus peuvent-ils en arriver à barricader une route nationale avec un cercueil, mettant en danger des vies humaines pour quelques francs congolais ? La RN1, régulièrement le théâtre de tels agissements inciviques, reflète une problématique plus large d’insécurité et d’impunité. Les barricades illégales, souvent justifiées par des collectes pour des funérailles, deviennent des pièges mortels, surtout dans un contexte où l’état des routes peut amplifier les risques.

Le drame de Masi-Manimba n’est malheureusement pas un cas isolé. Dans plusieurs régions du pays, des groupes profitent de la vulnérabilité des voyageurs pour extorquer de l’argent, utilisant parfois des méthodes aussi choquantes que dangereuses. Cette situation met en lumière l’urgence d’une action concertée des autorités. Où sont les forces de l’ordre pour prévenir ces actes ? Les communautés locales sont-elles suffisamment sensibilisées aux conséquences tragiques de tels comportements ? L’accident de la jeep SANRU doit servir de signal d’alarme pour une prise de conscience collective.

Aujourd’hui, le village de Muluma est plongé dans le deuil. Cinq vies ont été brutalement interrompues, et des familles entières sont brisées. Au-delà du choc émotionnel, cet accident mortel sur la RN1 doit inspirer une réponse ferme. Il est temps de mettre fin à l’impunité des inciviques qui terrorisent les voyageurs. Les autorités, tant locales que nationales, doivent renforcer la surveillance des routes, sanctionner sévèrement de tels actes, et lancer des campagnes de sensibilisation sur les dangers de ces pratiques. La sécurité des Congolais sur leurs propres routes n’est pas une option, mais un droit fondamental. Que cette tragédie à Muluma ne soit pas une autre statistique oubliée, mais le point de départ d’un changement durable pour toutes les routes de la RDC.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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