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Dialogue en RDC : Seth Kikuni accuse Tshisekedi de ‘supplier Luanda’ pour une illusion

Alors que la République Démocratique du Congo traverse une période de turbulence politique et sécuritaire aiguë, la question du dialogue national ressurgit comme un serpent de mer, divisant plus qu’elle n’apaise. Dans une charge virulente publiée sur le réseau social X, Seth Kikuni, président du parti Piste pour l’émergence et figure de l’opposition congolaise, a porté un coup sévère aux velléités de concertation du président Félix Tshisekedi. Pour l’opposant, le dialogue brandi par le chef de l’État n’est qu’une « illusion » orchestrée pour masquer « l’effondrement politique, institutionnel et moral » de son régime. Cette sortie, d’une rare violence verbale, ne fait qu’exacerber une crise politique RDC déjà profonde, révélant l’ampleur du fossé de défiance qui sépare le pouvoir de ses contradicteurs.

Le cœur du réquisitoire de Seth Kikuni repose sur une accusation lourde : Félix Tshisekedi, qu’il désigne comme le « problème » central, « supplierait » la médiation angolaise à Luanda pour convaincre une opposition réticente de se prêter au jeu. Cette image d’un pouvoir en position de faiblesse, contraint à la supplique diplomatique, dessine en filigrane une présidence fragilisée.

« Sa parole [de Félix Tshisekedi] est instable, réversible et vide de toute force morale ou politique. Les engagements sont pris pour être ensuite reniés, réinterprétés ou purement abandonnés selon les intérêts du moment »

assène-t-il, jetant un discrédit absolu sur la capacité du régime à honorer ses promesses. Dans un tel climat, comment un dialogue politique RDC pourrait-il déboucher sur des accords crédibles et durables ? La question, rhétorique, résume le dilemme.

Pourtant, l’opposition congolaise, dans sa diversité, ne rejette pas en bloc l’idée d’une table ronde. Seth Kikuni lui-même énonce des préalables non négociables pour un « véritable dialogue » : la bonne foi, l’égalité des parties et la fiabilité de la parole donnée. Des conditions qui, sous leur apparente simplicité, constituent en réalité une condamnation sans appel des pratiques actuelles. Elles pointent du doigt un rétrécissement de l’espace démocratique et l’exil forcé de nombreux acteurs, rendant toute discussion sincère impossible.

« Il est hors de question de se prêter à une mise en scène politique dont l’unique objectif est de légitimer un pouvoir errant et en décomposition »

tonne l’ancien candidat à la présidentielle. Le dialogue, tel que proposé, serait donc un leurre, un « congrès de la famille politique et biologique du régime » destiné à « sauver Tshisekedi, et non la RDC ».

Cette position intransigeante place Félix Tshisekedi dans une impasse stratégique. En août dernier, lors du congrès de l’Union sacrée, le président avait réaffirmé avec force son « monopole » exclusif pour convoquer ce grand rendez-vous tant attendu aussi bien par l’opposition que par la société civile et les confessions religieuses. Une affirmation d’autorité qui se heurte aujourd’hui au refus catégorique de partenaires jugés indispensables. Le chef de l’État joue-t-il gros avec cette posture ? En persistant sur une ligne unilatérale, risque-t-il de faire définitivement sombrer toute perspective de sortie de crise politique RDC par le consensus, laissant le pays englué dans un statuquo explosif ?

Les implications de ce blocage sont multiples. Sur le plan intérieur, il nourrit l’instabilité et empêche la formation d’un front commun face aux défis sécuritaires de l’Est. Sur la scène internationale, il affaiblit la crédibilité de Kinshasa, montrée comme incapable de générer un dialogue constructif avec ses propres forces vives. La médiation de Luanda, souvent sollicitée dans les crises régionales, se retrouve elle-même mise à l’épreuve par des accusations de partialité et de complaisance envers le pouvoir en place.

La balle est désormais dans le camp présidentiel. Pour débloquer la situation, Félix Tshisekedi devra-t-il faire des concessions substantielles sur la forme et le fond du dialogue politique RDC, acceptant une médiation neutre et des garanties contraignantes ? Ou bien pariera-t-il sur l’essoufflement d’une opposition fragmentée, qu’il espère peut-être contourner ? La stratégie de l’opposition, cristallisée par la voix de Seth Kikuni, semble quant à elle claire : refuser toute caution à un pouvoir qu’elle estime illégitime dans ses pratiques, et attendre son effritement. Dans ce jeu de poker menteur politique, chaque camp mise sur la faiblesse de l’autre. L’enjeu, cependant, dépasse les simples calculs partisans : il s’agit de la capacité de la RDC à inventer une voie pacifique vers la stabilité, dans un contexte où le temps, malheureusement, ne joue pas en faveur de la population congolaise, première victime de ces manœuvres et atermoiements. L’affrontement entre Tshisekedi et l’opposition n’est donc pas qu’une querelle de personnes ; il symbolise la lutte pour la définition même des règles du jeu démocratique dans un État en quête de repères.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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