Une séance d’écoute et de médiation consacrée aux droits fondamentaux des ouvriers congolais s’est tenue ce mardi 13 janvier à Kinshasa, en présence du ministre des Droits humains, Samuel Mbemba. Cette initiative, saluée par les participants, a permis à de nombreux travailleurs d’exposer les difficultés auxquelles ils sont confrontés, notamment des cas de licenciement arbitraire et d’emprisonnement abusif. Dans le cadre de ces séances régulières, le ministre a personnellement échangé avec les ouvriers, marquant une implication directe des plus hautes autorités dans la résolution des conflits sociaux. Plusieurs dossiers ont été examinés, donnant lieu à des discussions constructives entre les parties concernées.
Parmi les témoignages recueillis, celui d’Okendembo Mpoyo a retenu l’attention. Cet ouvrier affirme avoir été licencié de manière arbitraire alors qu’il travaillait à Mapangu, en territoire d’Ilebo, dans la province du Kasaï. Il a également été détenu pendant quatre mois, sans procès équitable, soulignant ainsi les violations répétées des droits des travailleurs dans certaines régions du pays. Son cas illustre les défis persistants en matière de justice sociale en République Démocratique du Congo, où les ouvriers peinent souvent à faire valoir leurs droits face à des employeurs peu scrupuleux.
« C’est pour moi la toute première fois de voir le ministre des Droits humains échanger lui-même avec les travailleurs. Nous souhaitons qu’il poursuive cette initiative », a déclaré Okendembo Mpoyo. Il a ajouté : « Moi, je travaillais à Mapangu, en territoire d’Ilebo, où nous avons été licenciés arbitrairement. J’ai saisi plusieurs juridictions à Kinshasa pour mon cas, mais sans succès. C’est pourquoi je suis venu voir le ministre des Droits humains pour obtenir gain de cause. » Cette citation directe met en lumière l’importance d’un tel dialogue social pour les travailleurs qui estiment être abandonnés par le système judiciaire classique.
Au sortir de la séance, de nombreux ouvriers ont exprimé leur satisfaction et leur soulagement. Ils ont remercié le ministre Samuel Mbemba pour cette opportunité de dialogue social, perçue comme un espace d’espoir pour la justice sociale à Kinshasa et au-delà. Les participants ont notamment apprécié l’écoute attentive et la volonté affichée de trouver des solutions concrètes à leurs problèmes. Cette reconnaissance témoigne d’un besoin criant de mécanismes efficaces pour protéger les droits des ouvriers en RDC, souvent foulés aux pieds dans un contexte économique difficile.
Le ministre a, pour sa part, promis de pérenniser et d’étendre cette initiative à l’ensemble du territoire national. « L’objectif est de faire entendre la voix des ouvriers congolais partout où leurs droits sont bafoués », a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’un tel mécanisme pour prévenir les conflits et garantir le respect des normes internationales du travail. Cette promesse d’expansion géographique pourrait marquer un tournant dans la défense des droits des travailleurs, en particulier dans les régions reculées où l’accès à la justice est limité.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement des droits des ouvriers en RDC, où les cas de licenciement arbitraire restent fréquents. Les observateurs espèrent que de telles séances pourront aboutir à des résolutions concrètes et à une amélioration tangible des conditions de travail. Toutefois, des questions subsistent quant à l’effectivité des décisions qui seront prises à l’issue de ces médiations. Le ministère des Droits humains devra notamment veiller à ce que les engagements soient suivis d’effets, en collaboration avec les autres institutions compétentes.
En définitive, la séance du 13 janvier représente une avancée significative dans la reconnaissance des droits des ouvriers congolais. Elle démontre l’utilité d’un dialogue direct entre les autorités et les travailleurs, notamment pour apaiser les tensions sociales et promouvoir une culture du respect mutuel. L’initiative du ministre Samuel Mbemba, si elle est maintenue et étendue, pourrait contribuer à bâtir une société plus juste et équitable pour tous les travailleurs de la République Démocratique du Congo.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
