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Catastrophe à Cebu : L’effondrement meurtrier d’une décharge met les secours en alerte

Le cœur serré, Rita Cogay, 49 ans, se tient à l’écart du chaos. Elle vient d’échapper de peu à la mort. « J’ai cru qu’un hélicoptère s’était écrasé. Mais en me retournant, j’ai vu le tas d’ordures et le bâtiment s’affaisser. » Son simple geste de sortir s’hydrater l’a sauvée, tandis que des dizaines de ses collègues étaient ensevelis sous une avalanche de déchets à Cebu, aux Philippines. Cette image apocalyptique marque le début d’une tragédie qui, depuis jeudi, voit les espoirs de retrouver des survivants s’amenuiser d’heure en heure.

À Binaliw, la décharge privée qui traitait les ordures de la ville et des environs s’est effondrée, ensevelissant sous une montagne de détritus aussi haute qu’un immeuble de vingt étages une cinquantaine de travailleurs. Le bilan de l’effondrement de la décharge ne cesse de s’alourdir, passant de quatre à six morts confirmés ce samedi, tandis que 32 personnes restent portées disparues. Face à l’ampleur de la catastrophe aux Philippines, les secouristes sont engagés dans une course haletante et périlleuse contre la montre.

« De temps à autre, la décharge bouge. Nous devons alors cesser temporairement les opérations pour assurer la sécurité de nos secouristes », témoigne Jo Reyes, une secouriste sur place, décrivant un terrain instable et dangereux. Les équipes, travaillant sans relâche 24h/24, doivent composer avec des débris monumentaux. « Nos sauveteurs ont du mal à progresser car les poutres métalliques sont énormes », explique Dave Tumulak, conseiller municipal. La découverte de deux corps supplémentaires, coincés sous une lourde poutre, illustre toute l’horreur et la difficulté des opérations de secours.

Sur le site, une atmosphère de désolation et d’attente anxieuse règne. Des familles entières scrutent les mouvements des secouristes, priant pour un miracle. « Nous espérons… et prions pour un miracle », confie, la voix nouée, Joel Garganera, un élu local. Cette attente insoutenable met en lumière le drame humain derrière les chiffres. Des vies fauchées, d’autres suspendues à l’espoir ténu d’une extraction miraculeuse.

Comment une telle tragédie a-t-elle pu se produire ? Les interrogations sont vives et pointent du doigt les conditions de gestion du site. La décharge de Binaliw, exploitée par Prime Integrated Waste Solutions, recevait chaque jour pas moins de 1 000 tonnes de déchets solides, selon son site internet. Un volume colossal qui pose la question de sa capacité et de sa sécurité. « Les déchets sont comme une éponge, ils absorbent vraiment l’eau », analyse Joel Garganera, évoquant les pluies fréquentes dans la région. « Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’à un moment, un accident va se produire. » Ce propos glaçant résonne comme une terrible prémonition et interroge sur les signes avant-coureurs potentiellement ignorés.

Cette catastrophe à Cebu est un « double coup dur » pour la métropole, privée de son unique site de traitement des ordures. Mais au-delà de la crise logistique immédiate, c’est un modèle qui s’effondre. Une décharge surchargée, dominant des bâtiments administratifs et des logements de personnel, un risque connu mais visiblement sous-estimé. Les images diffusées par la police montrent une colline de déchets menaçante, précairement équilibrée au-dessus de vies humaines. Où étaient les contrôles ? Les normes de sécurité étaient-elles respectées face à la pression quotidienne de la gestion des déchets urbains ?

Alors que les grues tentent de soulever les débris pour permettre aux secouristes de ramper dans les interstices, une autre réalité émerge : celle de travailleurs souvent invisibles, en première ligne de notre consommation et de nos rejets. Ces ramasseurs, trieurs, opérateurs, qui assurent un service essentiel au péril de leur vie dans des conditions trop souvent précaires. L’effondrement de la décharge de Binaliw n’est pas seulement un fait divers tragique ; c’est le symptôme d’une gestion des déchets parfois hasardeuse, où la rentabilité et la praticité peuvent prendre le pas sur la sécurité élémentaire.

Alors que la liste des victimes de la décharge risque encore de s’allonger, une question demeure, lancinante : cette tragédie était-elle évitable ? Les leçons seront-elles tirées pour éviter qu’ailleurs, d’autres montagnes de détritus ne se transforment en tombeaux ? Pour l’heure, à Cebu, on continue de creuser, dans l’odeur âcre des ordures et le bruit des outils de coupe, cherchant désespérément un signe de vie sous les décombres d’une négligence collective.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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