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Grève des Affaires étrangères à Kinshasa : salaires impayés et alignement exigés

Le ministère des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo est entré, ce lundi 12 janvier, dans une phase de paralysie significative. Le personnel a décidé de lancer un mouvement de grève, une action collective qui interpelle directement les plus hautes sphères de l’État sur des dossiers épineux liés à la rémunération des fonctionnaires. Cette grève au ministère des Affaires étrangères en RDC transcende le simple conflit social ; elle révèle des tensions structurelles au sein de l’administration publique et soulève des questions fondamentales sur la gestion des ressources humaines dans un département aussi stratégique pour l’image internationale du pays.

Selon les représentants du personnel, emmenés par Djany Kazembere Tatu, président du comité de base, les grévistes formulent deux revendications principales : la publication de l’état liquidatif de la paie complémentaire et l’alignement salarial de plus de deux cents agents. Ces demandes, en apparence techniques, cachent un malaise plus profond concernant les conditions de travail et la reconnaissance du mérite au sein de la fonction publique congolaise. La paie complémentaire, souvent perçue comme un droit acquis, est devenue un sujet de crispation permanente, tandis que l’alignement salarial des agents traîne depuis des années, tel un serpent de mer des négociations sociales.

Dans une déclaration sans ambages, Djany Kazembere a pointé du doigt le ministre des Finances, l’accusant de ne pas avoir honoré ses engagements. Cette accusation directe envers un membre du gouvernement expose au grand jour les fissures dans la coordination interministérielle, pourtant essentielle au bon fonctionnement de l’État. Le ministre des Finances joue-t-il avec le feu en négligeant les promesses faites aux agents des Affaires étrangères ? La question mérite d’être posée, d’autant que ce mouvement social au ministère pourrait faire tache d’huile et s’étendre à d’autres départements si les revendications demeurent lettre morte.

Cette grève des fonctionnaires des Affaires étrangères survient dans un contexte politique déjà tendu, où le gouvernement est confronté à de multiples défis économiques et sociaux. L’incapacité à résoudre rapidement ce conflit pourrait sérieusement fragiliser la crédibilité du pouvoir en place, particulièrement au sein d’un ministère aussi visible sur la scène internationale. Comment la RDC peut-elle prétendre défendre ses intérêts diplomatiques avec vigueur si elle ne parvient pas à assurer la sérénité et la juste rémunération de ses propres diplomates et agents administratifs ? Ce paradoxe n’est pas sans conséquences sur le moral des troupes et l’efficacité de l’action extérieure du pays.

Face à cette situation, le silence du cabinet de la ministre des Affaires étrangères est pour le moins assourdissant. Les tentatives de plusieurs médias pour obtenir une réaction officielle sont restées vaines, alimentant ainsi les spéculations sur d’éventuelles divisions au sein de l’exécutif. Ce mutisme est-il le signe d’un embarras profond, d’une impuissance à trouver une issue rapide, ou relève-t-il d’une stratégie dilatoire ? Quoi qu’il en soit, une telle attitude risque d’attiser la colère des grévistes et de durcir leur position, transformant un différend administratif en crise politique plus large.

À plus long terme, la persistance de cette grève à Kinshasa en janvier pourrait entraîner des perturbations notables dans les activités du ministère. Des retards dans le traitement des dossiers diplomatiques, la délivrance des documents consulaires ou la préparation des missions officielles sont à craindre. Dans un contexte où la RDC cherche à affirmer sa souveraineté et à nouer des alliances stratégiques, une telle paralysie interne serait contre-productive. Les partenaires étrangers pourraient s’interroger sur la capacité de l’État congolais à gérer ses affaires courantes, ce qui nuirait in fine à la crédibilité du pays sur l’échiquier international.

À court terme, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. La résolution de ce mouvement social au ministère des Affaires étrangères nécessite une action rapide, transparente et concertée. La publication de l’état liquidatif de la paie complémentaire et l’alignement salarial des agents concernés sont des mesures attendues de pied ferme par les fonctionnaires. Si le pouvoir traîne les pieds, il risque non seulement de prolonger indûment la grève, mais aussi de déclencher une vague de mécontentement dans d’autres secteurs de la fonction publique, déjà échaudés par des promesses non tenues. Le président de la République et son équipe sont prévenus : les agents des Affaires étrangères, déterminés à se faire entendre, ont montré qu’ils ne reculeraient pas devant l’action collective. L’échec à apaiser cette crise sociale pourrait avoir des répercussions durables sur la stabilité du gouvernement et miner la confiance nécessaire au bon fonctionnement des institutions de l’État.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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