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Démolition des kiosques anarchiques à Boma : Ultimatum jusqu’au 20 janvier

Le visage soucieux, Joseph, tenancier d’un petit kiosque de boissons sur le boulevard Joseph Kasa-Vubu à Boma, contemple les planches et tôles qui constituent son gagne-pain depuis cinq ans. « Que vais-je devenir après le 20 janvier ? », se demande-t-il, tandis que la mairie exige la démolition de sa structure, jugée anarchique.

Comme Joseph, des dizaines de commerçants installés le long de cette artère stratégique de Boma, au Kongo-Central, font face à un ultimatum : démolir volontairement leurs kiosques, bistrots et hangars avant le 20 janvier, ou voir leurs biens réduits en cendres. Cette mesure drastique, annoncée par la mairie de Boma dans un communiqué officiel lundi 12 janvier, marque la fin du moratoire accordé aux occupants de ces structures illégales. L’objectif ? Supprimer les installations érigées en violation des normes urbanistiques, redorer l’image de la ville et libérer une emprise publique longtemps obstruée par ces activités commerciales.

L’opération de délogement, initialement prévue le 16 janvier, est reportée au 20 janvier en raison du caractère chômé de la journée du 16. Elle vise tous les propriétaires de maisons commerciales, hangars, kiosques et autres édifices construits de manière irrégulière sur l’espace public de part et d’autre du boulevard Joseph-Kasa-Vubu, à partir du Pont-Ville. Les occupants qui se conformeront à cette mesure d’assainissement pourront récupérer leurs matériaux — notamment les planches et les tôles — avant l’expiration du délai. Passé ce délai, les installations restantes seront détruites par brûlage sur place. Pour les constructions en dur, chaque cas fera l’objet d’un examen particulier après identification des responsables.

« C’est notre vie qui part en fumée », lance Marie, vendeuse de beignets, dont le kiosque nourrit sa famille. Beaucoup de ces commerçants dénoncent un manque d’alternatives : « On veut bien respecter la loi, mais où aller ? Les marchés officiels sont saturés et chers. » Cette occupation anarchique du boulevard Kasa-Vubu n’est pourtant pas sans conséquences. La mairie de Boma rappelle qu’au-delà des problèmes d’insalubrité, ces structures illégales enfreignent les normes urbanistiques, bloquent les trottoirs et rétrécissent la chaussée, créant des embouteillages et des risques pour les piétons.

Comment en est-on arrivé là ? L’explosion du secteur informel à Boma, comme dans beaucoup de villes congolaises, est souvent une réponse à l’absence d’infrastructures marchandes adaptées et accessibles. Les kiosques et hangars surgissent sur les trottoirs et les espaces publics, offrant des moyens de subsistance à des milliers de familles, mais au prix d’un désordre urbain croissant. L’opération d’assainissement urbain lancée par la mairie de Boma est donc une tentative de reprendre le contrôle de l’espace public, mais elle soulève des questions cruciales : cette démolition de kiosques à Boma sera-t-elle suivie de solutions pérennes pour les commerçants évincés ?

Le Kongo-Central, et Boma en particulier, fait face à des défis urbanistiques majeurs. L’occupation anarchique des artères principales n’est qu’un symptôme de plans d’aménagement défaillants ou inexistants. Sans une politique cohérente d’intégration du secteur informel, les opérations de démolition risquent de se multiplier sans régler le fond du problème. La mairie de Boma a ici l’opportunité de montrer l’exemple en associant les commerçants à la recherche d’alternatives, par exemple via la création de marchés populaires ou de zones d’activités aménagées.

En attendant, l’ultimatum du 20 janvier plane comme une épée de Damoclès sur les tenanciers. Certains ont déjà commencé à démonter leurs kiosques, salvant ce qu’ils peuvent de leurs investissements. D’autres résistent, espérant un revirement de dernière minute. Mais la détermination des autorités semble ferme : l’ordre urbain doit prévaloir. Reste à savoir si cette fermeté s’accompagnera de l’empathie nécessaire pour éviter une crise sociale.

La démolition des structures illégales à Boma est plus qu’une simple opération de police municipale ; c’est un révélateur des tensions entre modernité et survie, entre loi et réalité économique. Dans une République Démocratique du Congo où le secteur informel représente une part massive de l’économie, trouver l’équilibre est un impératif. L’issue de cette crise sur le boulevard Kasa-Vubu pourrait inspirer d’autres villes du pays confrontées aux mêmes dilemmes. Pour l’heure, les yeux sont tournés vers Boma et sa mairie, dont les actions dans les prochains jours seront scrutées à la loupe.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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