Le lancement des travaux antiérosifs à Kananga marque un tournant décisif dans la lutte contre l’érosion qui ronge le Kasaï-Central. Avec un financement de 100 millions de dollars de la Banque mondiale, le Projet d’urgence et de résilience urbaine de Kananga (PURUK) entre dans sa phase concrète sur le site Point kilométrique 706, dans la commune de Lukonga. Ces interventions, prévues pour une durée de trois mois, visent à protéger des infrastructures critiques et des habitations riveraines, menacées par l’avancée implacable d’un ravin. Comment un tel investissement peut-il transformer le paysage économique et social de la région ?
Mais pourquoi ces travaux antiérosifs à Kananga sont-ils si urgents ? Le ravin en question a déjà coupé la voie ferrée et la route nationale n°41, artère essentielle reliant Kananga au territoire d’Ilebo. Cette rupture crée un goulot d’étranglement économique, isolant des communautés et entravant le commerce régional. Jean Michel Mbungu, coordonnateur ad intérim du PURUK, souligne que l’objectif est de « protéger les infrastructures d’utilité publique majeures, notamment le chemin de fer, sans oublier les habitations des populations riveraines ». L’enjeu dépasse la simple réparation ; il s’agit de prévenir une catastrophe humanitaire et économique dans le Kasaï-Central.
Le contexte géologique et climatique de la région rend Kananga particulièrement vulnérable à l’érosion. Les pluies diluviennes et la déforestation accélèrent la formation de ravins, qui grignotent progressivement les terres et les infrastructures. Sans action rapide, des quartiers entiers pourraient être engloutis, avec des conséquences désastreuses pour une population déjà fragilisée. Le projet PURUK, dans sa globalité, cible plusieurs sites d’érosion à travers la ville, mais le PK 706 représente une priorité absolue en raison de son impact immédiat sur la connectivité régionale.
Le gouverneur de province, Joseph Moïse Kambulu, a personnellement lancé les travaux, adressant une mise en garde ferme à l’entreprise SIFEC, chargée de l’exécution : « À l’entreprise exécutante de respecter les normes techniques et surtout les délais, pour éviter des travaux qui ne finissent jamais ». Cette admonestation reflète les attentes élevées et la nécessité de transparence dans la gestion de fonds publics substantiels. Le financement de la Banque mondiale pour le PURUK s’inscrit dans une logique de développement résilient, où chaque dollar investi doit générer des retombées durables pour la RDC.
Analysons les implications économiques. La coupure de la route nationale n°41 et de la voie ferrée paralyse les échanges de marchandises, augmente les coûts de transport et décourage les investisseurs. La réhabilitation de ces infrastructures via les travaux antiérosifs à Kananga pourrait relancer l’activité économique locale, en restaurant un flux normal de biens et de personnes. De plus, la protection des habitations riveraines réduira les risques de déplacement de population, évitant ainsi des dépenses sociales imprévues pour l’État. Le projet PURUK agit donc comme un stabilisateur économique en temps de crise.
Le projet PURUK, au-delà des travaux de génie civil, inclut-il des mesures préventives à long terme ? Si les interventions actuelles se concentrent sur la stabilisation des sols et la construction d’ouvrages de drainage, une approche holistique nécessiterait également la promotion de pratiques agricoles durables et la reforestation. La Banque mondiale, en finançant ce projet, encourage probablement une vision intégrée de la résilience urbaine, où la lutte contre l’érosion au Kasaï-Central va de pair avec l’adaptation au changement climatique.
En perspective, l’achèvement des travaux dans les trois mois impartis sera un test crucial pour la capacité de la RDC à gérer efficacement des projets d’infrastructure urgents. Le succès du PURUK à Kananga pourrait servir de modèle pour d’autres villes congolaises aux prises avec des défis similaires, comme Bukavu ou Goma. Pour le Kasaï-Central, c’est l’occasion de renforcer sa gouvernance locale et d’attirer davantage de partenaires internationaux. La Banque mondiale RDC joue ici un rôle de catalyseur pour le développement régional.
En conclusion, les travaux antiérosifs à Kananga symbolisent plus qu’une simple opération de sauvetage ; ils incarnent une volonté de rompre avec le fatalisme face aux calamités naturelles. Avec un investissement de 100 millions de dollars de la Banque mondiale, la RDC démontre sa détermination à protéger ses citoyens et ses actifs économiques. L’œil vigilant des populations et des autorités devra garantir que ce projet, vital pour l’avenir de la région, soit mené à bien dans les délais et selon les normes. L’érosion au Kasaï-Central n’est pas une fatalité ; c’est un défi à relever par l’ingénierie et la bonne gouvernance.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
