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Fermeture du Centre universitaire de Kasaji : la colère étudiante embrase le Lualaba

Dans les rues de Kasaji, province du Lualaba, la tension est palpable depuis que les étudiants ont vu les portes de leur établissement se fermer. La décision de clôturer le Centre universitaire de Kasaji (CUK), prise par le recteur de l’Université de Kolwezi, a allumé une mèche de colère et d’incompréhension. Mais que signifient réellement ces mots – directives ministérielles, rationalisation académique – pour des jeunes dont l’avenir semble soudainement compromis ?

Les images des barricades et des pneus en flammes, lundi matin, ont rapidement fait le tour de la ville. Elles sont le symbole d’un malaise bien plus profond, celui d’une jeunesse qui craint d’être sacrifiée sur l’autel de décisions administratives jugées lointaines et brutales. Pour ces étudiants, le transfert vers Kolwezi n’est pas une simple formalité. C’est un bouleversement total de leur vie, un défi financier souvent insurmontable et un risque pour la continuité même de leurs études.

« Comment voulez-vous que nous puissions subvenir à nos besoins à Kolwezi ? Les frais de transport, de logement, de vie… tout est multiplié. C’est une condamnation à l’abandon pour beaucoup d’entre nous », témoigne un étudiant en troisième année de sciences économiques, préférant garder l’anonymat. Cette angoisse est partagée par la majorité des 1 500 étudiants concernés par cette fermeture université Kasaji. Leurs manifestations à Lualaba ne sont pas seulement une contestation, mais un cri d’alarme face à ce qui ressemble à une précarisation programmée de leur parcours académique.

Face à cette colère grandissante, les autorités provinciales ont dû réagir rapidement. L’intervention de la gouverneure Fifi Masuka, relayée par le maire de Kasaji, a permis d’éviter une escalade. Son appel au calme, assorti de la promesse d’examiner les doléances sous 48 heures, a temporairement désamorcé la crise. La promesse de « mesures d’accompagnement » a été entendue, mais les étudiants restent sur leurs gardes. Attendent-ils des mots ou des actes concrets ? La crédibilité de la réponse des autorités se jouera dans sa capacité à proposer des solutions pragmatiques : bourses de transfert, prise en charge logistique, ou aménagements académiques.

De l’autre côté, le cabinet du recteur Yvon Muhongo promet des éclaircissements. La fermeture du CUK s’inscrit-elle dans un plan plus large de restructuration de l’enseignement supérieur dans la région ? S’agit-il d’une mesure d’économies ou d’une volonté de concentrer les ressources sur le site principal de Kolwezi ? L’absence de communication transparente en amont de la décision est pointée du doigt par les observateurs. Une consultation préalable avec les représentants étudiants aurait-elle pu éviter cette crise ? La question mérite d’être posée, tant le dialogue semble avoir fait défaut.

Cette affaire pose, une fois de plus, la question cruciale de l’accès à l’éducation en République Démocratique du Congo, particulièrement dans les provinces éloignées de la capitale. La décentralisation universitaire est-elle un échec ? La création de centres universitaires locaux répondait pourtant à un besoin légitime : rapprocher l’enseignement supérieur des populations et lutter contre l’exode des cerveaux vers les grands centres urbains. La fermeture brutale d’un de ces centres envoie un signal contradictoire et inquiétant pour l’avenir de l’éducation en RDC.

Alors que le délai de 48 heures donné par la gouverneure arrive à son terme, toute la communauté de Kasaji retient son souffle. Les étudiants protestent et attendent des réponses qui sécuriseront leur avenir. Les enseignants et le personnel administratif du CUK s’interrogent, eux aussi, sur leur propre sort. Cette crise est un test pour la gouvernance locale et académique. Elle démontre que les réformes de l’éducation ne peuvent se faire sans une écoute attentive des premiers concernés : les étudiants. L’enjeu, aujourd’hui, dépasse la simple gestion d’un transfert. Il s’agit de restaurer la confiance d’une génération dans la capacité des institutions à garantir son droit fondamental à l’éducation.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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