De violents combats ont éclaté ce lundi 12 janvier dans le groupement de Bukombo, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Les rebelles de l’AFC/M23 et les combattants Wazalendo du groupe CMC se sont affrontés pendant plusieurs heures, semant la panique parmi les populations civiles. Aucun bilan n’a été communiqué dans l’immédiat.
Les hostilités ont débuté à Bumbasha, non loin de Mweso, avant de s’étendre aux villages de Karambi et Chahemba. Ces combats nord-kivu ont provoqué un mouvement de fuite massif. Des centaines d’habitants ont quitté précipitamment leurs foyers pour se réfugier dans des localités voisines, notamment à Mweso, dans le territoire de Masisi.
Sur place, les déplacés bukombo ont trouvé abri dans des églises et des écoles. Les conditions d’accueil sont précaires, face à un afflux soudain de personnes démunies. Les organisations humanitaires présentes dans la zone tentent de répondre aux besoins urgents, mais les ressources manquent. Comment assurer une assistance efficace dans un contexte aussi volatile ?
Cette zone, à cheval entre les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru, est le théâtre d’une instabilité chronique. Depuis plusieurs mois, les rebelles de l’AFC M23 et les milices Wazalendo s’y livrent des confrontations récurrentes, rendant toute vie normale impossible pour les civils. La persistance de ces violences interroge sur l’efficacité des mesures de stabilisation.
Les sources locales décrivent des scènes de chaos. Les tirs nourris ont forcé les familles à fuir sans emporter leurs affaires. Les routes étaient bondées de personnes cherchant un havre de paix. « Nous avons couru sans savoir où aller », témoigne un déplacé sous couvert d’anonymat. La rapidité de l’escalade a laissé peu de temps à la réflexion.
Militairement, la situation évolue rapidement. Les Wazalendo tentent de contenir l’avancée des forces de l’AFC/M23, mais la balance penche souvent en faveur de ces derniers, mieux équipés. Les villages de Bumbasha, Karambi et Chahemba sont devenus des enjeux stratégiques, où chaque pouce de terrain est disputé. Jusqu’où cette guerre d’usure peut-elle conduire ?
L’absence de bilan précis sur les pertes humaines et matérielles complique l’évaluation de l’impact réel de ces combats. Les autorités semblent dans l’attente d’informations plus fiables, mais l’insécurité entrave l’accès aux zones touchées. Une enquête est probablement en cours, mais ses résultats pourraient tarder, laissant les populations dans l’incertitude.
Cette nouvelle escalade de violence souligne l’urgence d’une solution durable pour le Nord-Kivu. Les combats sporadiques ne doivent pas masquer la profondeur de la crise sécuritaire. La communauté nationale et internationale ne peut rester indifférente face aux souffrances des populations de l’Est de la RDC. Des initiatives de paix sont-elles encore envisageables dans ce climat de méfiance ?
En attendant, les déplacés de Bukombo font face à un avenir incertain. La nuit a été longue, et le jour se lève sur des défis immenses. La solidarité locale est mise à rude épreuve, et l’aide extérieure est plus que jamais nécessaire. La protection des civils doit rester une priorité absolue dans ces combats nord-kivu qui n’en finissent pas de ravager la région.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
