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Le Conseil national de cyberdéfense RDC accusé d’enlèvements et de torture par une ONG

Une organisation de défense des droits de l’homme lance une accusation d’une gravité exceptionnelle contre une structure étatique. Dans un communiqué rendu public, l’organisation non gouvernementale Justicia Asbl dénonce des pratiques systématiques qui, selon elle, équivalent à une dérive autoritaire de la part du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Les allégations portent sur des milliers de cas d’enlèvements et de détentions arbitraires, peignant le tableau sombre d’un appareil de sécurité détourné de sa mission initiale.

Selon le document consulté par notre rédaction, le Conseil national de cyberdéfense RDC, service directement rattaché à la présidence de la République, serait impliqué dans l’enlèvement de plus de dix mille individus. Ces violations droits humains RDC prendraient une forme particulière, les personnes appréhendées étant détenues hors de tout cadre légal. « Certaines seraient retenues dans des maisons résidentielles, d’autres dans des chambres d’hôtel », précise le communiqué, décrivant un système de cachots clandestins qui priverait les détenus de tout contact avec leur famille ou leurs conseils juridiques.

Les accusations de Justicia Asbl ne se limitent pas à des faits isolés. L’ONG affirme que le CNC, initialement mandaté pour la coordination de la cyberdéfense et du renseignement contre les cyber-menaces, aurait largement outrepassé son périmètre d’action. La structure est aujourd’hui perçue, selon les termes du communiqué, comme « le bras séculier de la répression » ciblant spécifiquement les opposants politiques, les journalistes et les défenseurs des droits humains. Cette transformation soulève une question fondamentale : une institution créée pour protéger la souveraineté numérique est-elle devenue un instrument d’oppression politique ?

Le cas concret cité par Justicia Asbl illustre la méthode attribuée au CNC. Un journaliste-cameraman de Lubumbashi aurait été arrêté, détenu dans un camp militaire avant un transfert vers la capitale. Il serait actuellement, toujours selon l’ONG, « victime de tortures dans l’un des cachots clandestins du CNC ». Ce témoignage, s’il est vérifié, s’ajoute à une liste préoccupante d’enlèvements CNC Kinshasa répertoriés par la société civile. L’affaire Maître Paul Ramazani, interpellé en décembre dernier et conduit au stade des Martyrs pour une audition par les services du CNC, avait déjà mis en lumière les pratiques opaques de cette agence.

Face à ce qu’elle qualifie de « service oppresseur des droits des citoyens », Justicia Asbl a décidé de saisir la communauté internationale. L’organisation en appelle aux partenaires traditionnels de la République Démocratique du Congo, notamment l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations Unies et le gouvernement américain. L’objectif est clair : exercer une pression diplomatique pour obtenir « la suppression » pure et simple de ce Conseil national de cyberdéfense. Elle exige parallèlement la libération immédiate de toutes les personnes détenues au secret et la restauration de leurs droits fondamentaux.

Ces allégations extrêmement lourdes interviennent dans un contexte politique sensible. La description d’une répression politique RDC orchestrée par un organe présidentiel jette une ombre sur les engagements du pays en matière d’État de droit. La mission légale du CNC, définie par décret, se limite-t-elle à la lutte contre les cyberattaques, ou ses prérogatives ont-elles été étendues dans l’ombre pour servir d’autres desseins ? L’absence de réaction officielle immédiate aux accusations de Justicia Asbl laisse planer le doute sur le fonctionnement réel de cette structure.

La crédibilité de ces dénonciations repose désormais sur la capacité des instances nationales et internationales à enquêter de manière indépendante. Les prochaines étapes seront cruciales. Une commission d’enquête parlementaire pourrait-elle être saisie ? Les autorités judiciaires ordinaires ont-elles la latitude d’investir les locaux et les activités du CNC, structure relevant de la présidence ? L’appel à la communauté internationale traduit un sentiment d’impuissance face à un appareil perçu comme étant au-dessus des lois communes. La balle est désormais dans le camp des autorités congolaises, sommées de répondre à ces graves accusations soit par des démentis étayés, soit par des mesures correctives transparentes.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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