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SMIG RDC : Judith Suminwa lance une concertation cruciale avant l’application de la hausse à 21 500 FC

Le gouvernement congolais engage une nouvelle phase cruciale dans l’application du salaire minimum interprofessionnel garanti. Lors du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, la Première ministre Judith Suminwa a souligné l’impérieuse nécessité d’une mise en œuvre harmonieuse du décret fixant le SMIG à 21 500 francs congolais journaliers, tout en insistant sur la pérennisation du dialogue social entre les partenaires sociaux. Cette annonce intervient à un moment charnière, alors que l’Exécutif cherche à concilier impératifs économiques et justice sociale pour les travailleurs.

Concrètement, Judith Suminwa a annoncé l’organisation d’une séance de travail décisive avec les responsables des corporations de l’intersyndicale, prévue le 12 janvier 2026 à la Primature. L’objectif de cette rencontre ? Permettre au gouvernement de prendre en compte les préoccupations du monde du travail, six mois précisément après la signature du décret portant réajustement du SMIG. Cette consultation préalable s’inscrit dans une logique de concertation, devant déboucher sur la convocation d’une réunion du Conseil national du travail pour finaliser l’harmonisation. Une approche qui souligne la complexité de la mise en œuvre d’une telle mesure dans un paysage économique congolais en mutation.

Le décret en question, signé en juin de l’année dernière par la Première ministre elle-même et contresigné par le ministre de l’Emploi et du Travail, marque une étape significative. Il fixe le taux journalier du Salaire minimum interprofessionnel garanti pour le travailleur manœuvre ordinaire à 21 500 francs congolais, avec une entrée en vigueur effective à partir de la paie de janvier 2026. Ce texte, qui abroge toutes les dispositions antérieures contraires, dont le célèbre décret n° 18/017 de 2018, représente une augmentation substantielle par rapport au précédent palier. Mais cette hausse est-elle à la hauteur des attentes et des besoins réels de la population active ?

Pour comprendre la portée de cette décision, il faut revenir en arrière. L’actuel SMIG, ajusté à 14 500 francs congolais en décembre 2024, était déjà jugé insuffisant par le gouvernement lui-même. Lors du Conseil des ministres du 18 avril dernier, l’Exécutif avait estimé que ce niveau de rémunération ne permettait pas de couvrir les besoins essentiels des travailleurs. Un constat sans appel qui avait poussé le président de la République, Félix Tshisekedi, à interpeller directement la Première ministre. Le Chef de l’État avait alors invité le gouvernement à veiller à ce que le nouveau taux du SMIG soit adapté aux réalités du marché, dans l’objectif avoué de renforcer le pouvoir d’achat, pilier essentiel de la stabilité sociale et de la croissance interne.

Le timing de cette revalorisation du SMIG RDC n’est pas anodin. Elle s’inscrit dans le sillage de la 37ᵉ session ordinaire du Conseil national du travail, tenue en avril, dont le président Tshisekedi avait salué la tenue. Lors de cette session, des travaux préparatoires approfondis avaient été menés, avec une feuille de route claire : aboutir à des mesures garantissant la dignité des travailleurs, encadrant de manière équitable l’emploi des étrangers et consolidant le système de protection sociale. La nouvelle fixation du salaire minimum Congo apparaît donc comme une première concrétisation de ces orientations, un premier jalon dans un processus plus vaste de réforme du marché du travail.

D’un point de vue économique, l’augmentation du SMIG de près de 48% (passant de 14 500 à 21 500 FC) est une onde de choc calculée. Elle vise à injecter du pouvoir d’achat au cœur de l’économie populaire, mais elle soulève aussi des interrogations légitimes sur son impact sur la compétitivité des entreprises, notamment les petites et moyennes structures. Le défi pour le gouvernement de Judith Suminwa est de taille : réussir à mettre en œuvre cette hausse sans étouffer le tissu productif national, dans un contexte international déjà marqué par l’inflation et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement. La tenue d’un dialogue social RDC de qualité, permanent et constructif, n’a jamais été aussi cruciale pour trouver cet équilibre délicat.

Historiquement, la route vers un salaire minimum décent a été longue. Rappelons qu’avant décembre 2024, le SMIG était resté bloqué à 7 075 FC depuis 2018, sous le gouvernement de Bruno Tshibala. Cette stagnation prolongée avait creusé un fossé abyssal entre la rémunération légale et le coût de la vie. L’augmentation SMIG 2026 constitue donc la seconde correction majeure en peu de temps, signe d’une volonté politique affirmée de rattrapage. Cependant, le véritable test résidera dans son application effective sur tout le territoire national, dans tous les secteurs, y compris le secteur informel qui représente une part écrasante de l’économie congolaise.

En définitive, l’annonce de Judith Suminwa ne se limite pas à une simple application technique d’un décret. Elle ouvre une séquence politique et économique déterminante pour l’avenir du pays. La réussite de cette politique salariale dépendra de la capacité des pouvoirs publics à accompagner les entreprises dans cette transition, à lutter contre la fraude et le non-respect de la loi, et à maintenir un cadre macroéconomique stable. Si elle est menée à bien, cette augmentation du SMIG pourrait agir comme un puissant levier de consommation intérieure et de cohésion sociale. Dans le cas contraire, elle risquerait de rester une promesse sur le papier, sans effet tangible sur le quotidien des millions de travailleurs congolais qui attendent une amélioration concrète de leurs conditions de vie. Les prochaines semaines, marquées par les concertations annoncées, seront décisives pour tracer la voie.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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