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Kwango : les enseignants en colère menacent une grève sèche pour réclamer leurs arriérés de salaire

« Ils nous traitent comme des moins que rien. On travaille, on forme l’avenir de ce pays, et pour récompense, on doit mendier son propre salaire. » La voix d’Antoine Bakatu, président de l’intersyndicale des enseignants, tremble de colère et d’épuisement. Vendredi dernier, dans les rues de Popokabaka, province du Kwango, ce n’était pas une simple manifestation, mais un cri du cœur poussé par des centaines d’éducateurs arrivés au bout du rouleau. Sur leurs pancartes, un slogan simple et cinglant résumait leur détresse : « Travail égal salaire, no school ». Une menace claire, l’ultime avertissement avant le chaos dans les salles de classe.

Leur colère, comme une lame de fond, s’est concentrée sur deux mois d’arriérés salaire novembre décembre 2025 qui pèsent comme une insupportable injustice. Ces sommes, promises et dues, sont pourtant introuvables sur leurs comptes, plongeant des familles entières dans une précarité indescriptible. Mais le malaise est plus profond. Comment peut-on, en 2025, en être réduit à brandir des pancartes pour réclamer le fruit d’un travail déjà accompli ? La question, lancinante, hante les rangs de ces fonctionnaires de l’ombre, souvent oubliés des grands discours sur l’éducation.

La déclaration lue par Antoine Bakatu a mis des mots précis sur cette colère diffuse. Outre le paiement inconditionnel des salaires de novembre et décembre, les syndicats exigent le versement du complément pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2025, tel qu’accordé par le gouvernement central. Ils pointent aussi du doigt une pratique sournoise : une retenue illégale de 2 000 FC par école pour l’établissement de l’état de paie mensuelle. « C’est un prélèvement sauvage sur nos misérables enveloppes, une double peine », dénonce un enseignant croisé dans la foule, préférant garder l’anonymat par crainte de représailles. « Exigeons que la Caritas paie enseignants régulièrement par site et cesse ces retenues sans fondement », a tonné Bakatu, exigeant un retour à une gestion transparente et régulière.

Face à ce qui est perçu comme un mépris institutionnalisé, les syndicats ont posé un ultimatum de 48 heures, donnant jusqu’à ce lundi à la banque gestionnaire et aux autorités pour trouver une solution. La sanction en cas d’échec ? Une grève sèche, généralisée sur l’ensemble du territoire de la sous-division. Une telle grève des enseignants en RDC paralyserait des dizaines d’écoles, laissant des milliers d’élèves dans l’expectative. Cette manifestation à Popokabaka n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un malaise national chronique où la paie des fonctionnaires, et particulièrement des enseignants, devient un parcours du combattant.

Derrière ces chiffres et ces dates – octobre, novembre, décembre 2025 – se cachent des réalités humaines brutales. Des enseignants incapables de payer le loyer, de scolariser leurs propres enfants, ou de faire face à une simple dépense médicale. Cette précarité organisée mine non seulement leur dignité mais aussi la qualité de l’enseignement. Comment motiver des élèves à construire l’avenir quand leurs professeurs sont eux-mêmes plongés dans l’incertitude du lendemain ? La situation actuelle sape les fondements mêmes du système éducatif congolais.

L’appel est donc lancé, bien au-delà de Popokabaka. Les yeux sont désormais rivés sur les gestionnaires de la Caritas et sur les décideurs politiques. Les 48 heures de l’ultimatum sont une course contre la montre pour éviter une crise plus large. Le paiement des arriérés et l’arrêt des pratiques financières douteuses sont le strict minimum pour apaiser les esprits. Si rien ne bouge, la grève menace de mettre en lumière, de manière encore plus crue, la fracture béante entre les promettes de l’État et le vécu quotidien de ses serviteurs. L’enjeu dépasse la simple paie ; il touche à la crédibilité de l’État de droit et à la valeur accordée à l’éducation dans notre société. La balle est désormais dans le camp des autorités. Vont-elles écouter ce cri d’alarme avant qu’il ne se transforme en un long silence, celui des salles de classe vides ?

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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