La nuit de vendredi à Kenge a été traversée par des cris de douleur et de colère. Sur la RN1, une scène de désolation se dessine après qu’un bus en provenance de Tshikapa a percuté une moto, fauchant deux jeunes vies. « Ils étaient deux frères, ils rentraient probablement chez eux. En une seconde, tout s’est arrêté », témoigne un habitant du quartier, encore sous le choc. Ce tragique accident routier RDC survenu vers 23 heures plonge une famille dans le deuil et une communauté dans l’émoi.
Les faits sont brutaux. Sur cette portion de la nationale 1, dans une descente connue des usagers, un bus effectuant la liaison Tshikapa-Kinshasa a heurté une moto transportant trois personnes. Le bilan est lourd : les deux passagers, deux frères issus d’une même famille, sont morts sur le coup. Le conducteur de la moto, quant à lui, se trouve dans un état critique, agonisant selon les premiers éléments. Le maire de la ville de Kenge, Noël Kuketuka, présent sur les lieux, n’a pas tardé à pointer du doigt une cause probable : l’excès de vitesse. « Cet accident Kenge RN1 est malheureusement le résultat d’une vitesse inadaptée aux conditions de la route, surtout de nuit », a-t-il déclaré, le visage grave.
Mais au-delà du choc, c’est la colère qui a rapidement pris le dessus. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans la ville. Des habitants, submergés par l’émotion et l’indignation face à ce nouveau drame de la circulation Kwango, se sont rassemblés. La frustration a atteint son paroxysme lorsque certains ont commencé à s’en prendre au bus impliqué. Des vitres ont été brisées, une partie de la carrosserie a été endommagée. Cette réaction, bien que compréhensible, illustre le sentiment d’impuissance et l’exaspération grandissante face à l’insécurité routière chronique. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ces morts accident moto bus se répètent-ils sans que des mesures fortes ne semblent suivre ?
L’intervention des forces de l’ordre a été nécessaire pour calmer la situation et éviter un débordement plus important. La police a procédé à la saisie du véhicule et a sécurisé la zone pour permettre les constatations d’usage. Par miracle, ou par la force des choses, aucun passager du bus n’a été blessé. Mais cette relative « chance » ne suffit pas à apaiser les esprits. Cet événement tragique vient rappeler, une fois de plus, la vulnérabilité des usagers de deux-roues sur les axes majeurs du pays. La RN1, artère vitale mais aussi couloir de tous les dangers, est régulièrement le théâtre de drames similaires.
La colère habitants Kenge n’est pas née d’hier. Elle est l’accumulation de sentiments d’abandon et d’insécurité permanente. La nuit amplifie les risques sur des routes souvent mal éclairées, où le respect du code de la route semble parfois secondaire. Les questions de fond restent en suspens : contrôle effectif de la vitesse, état des véhicules en circulation, sensibilisation des conducteurs… Les autorités locales appellent au calme et promettent des investigations approfondies. Mais les promesses suffiront-elles à empêcher la prochaine tragédie ?
En attendant, une famille pleure ses enfants. Une communauté se demande combien de vies doivent encore être sacrifiées pour que la sécurité sur les routes devienne une priorité absolue. Cet accident, loin d’être un simple fait divers, est le symptôme d’un mal plus profond qui ronge le quotidien des Congolais : la négation du droit à une circulation sûre. Le défi est immense, mais le prix de l’inaction, lui, se compte déjà en trop nombreuses vies brisées sur le bitume de la RN1.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
