Dans un mouvement audacieux visant à consolider les fondations d’une croissance économique robuste, la Banque Centrale du Congo (BCC) a opéré, jeudi 8 janvier 2026, un ajustement significatif de sa politique monétaire. Le Comité de Politique Monétaire (CPM), réuni en session extraordinaire à Kinshasa, a décidé d’abaisser son taux directeur de 250 points de base, le faisant passer de 17,5% à 15,0%. Cette réduction, la plus marquée depuis le début du cycle d’assouplissement, s’accompagne d’une baisse similaire du taux des facilités de prêt marginales, ramené de 21,5% à 19,0%. Cette décision, pierre angulaire de la politique monétaire RDC 2026, traduit une confiance renouvelée dans la maîtrise des équilibres macroéconomiques et une volonté claire d’injecter des liquidités à moindre coût dans l’économie réelle.
Sur quoi repose cette confiance ? Les projections de la banque des banques anticipent une évolution maîtrisée de l’inflation Congo au cours des douze prochains mois, dans un contexte où la stabilisation du taux de change et la vigueur de l’activité économique offrent une marge de manœuvre inédite. Le gouverneur André Wameso a lui-même souligné ce cadre favorable : “Pour l’année 2026, le Comité de politique monétaire projette une évolution maîtrisée du rythme de formation des prix (…), dans un contexte de stabilisation du taux de change et de maintien d’une croissance économique RDC robuste.” Cette orientation s’appuie sur des fondamentaux solides, hérités de l’année 2025.
En effet, l’année écoulée a vu la performance économique de la RDC se consolider. La croissance du PIB réel, bien qu’en légère décélération, est restée vigoureuse à 5,6%, portée par le secteur extractif et la résilience notable des activités hors extraction. Le véritable succès réside dans la domestication de l’inflation, dont le taux a été ramené à 2,27% en décembre 2025, un chiffre bien en deçà de l’objectif de moyen terme de 7%. Cette décrue spectaculaire, depuis les 11,69% enregistrés un an plus tôt, est le fruit de plusieurs facteurs conjugués : une orientation initialement restrictive de la politique monétaire, la baisse des prix des produits pétroliers et céréaliers, et surtout, une franc congolais appréciation remarquable.
Le marché des changes a en effet été le théâtre d’une revalorisation historique de la monnaie nationale. À fin décembre 2025, le franc congolais s’était apprécié de 30,44% sur le marché interbancaire, pour s’établir à 2 181,39 CDF pour un dollar américain. Cette dynamique, soutenue par une gestion proactive de la liquidité et une forte demande des agents économiques, a renforcé le pouvoir d’achat et contribué à l’assainissement du cadre macroéconomique. En parallèle, les réserves internationales ont gonflé pour atteindre près de 7,9 milliards de dollars, offrant un matelas de sécurité confortable équivalant à trois mois d’importations.
Dans ce paysage assaini, la baisse du taux directeur BCC agit comme un catalyseur. En rendant le refinancement des banques commerciales moins onéreux, la Banque centrale entend inciter ces dernières à libérer le crédit à destination des entreprises et des ménages. Quels effets concrets peut-on en attendre ? Pour le secteur privé, cet assouplissement se traduit par la perspective de financements d’investissement ou de trésorerie à un coût réduit. Pour les ménages, l’accès au crédit à la consommation ou à l’habitat pourrait devenir plus accessible. À l’échelle macroéconomique, ce mécanisme vise à relancer la machine de l’investissement, avec des retombées anticipées sur la création d’emplois et la stimulation de la demande interne.
Cependant, la BCC ne sombre pas dans un laxisme inconsidéré. Le maintien inchangé des coefficients de la réserve obligatoire – 10,5% pour les dépôts à vue en monnaie nationale, par exemple – témoigne d’une approche pragmatique et mesurée. Il s’agit d’un assouplissement maîtrisé, et non d’un relâchement total des disciplines monétaires. La banque centrale garde ainsi un levier de contrôle pour prévenir tout dérapage inflationniste futur et préserver la stabilité du système bancaire, un équilibre délicat mais nécessaire.
Quels sont les risques à l’horizon ? Le Comité de Politique Monétaire reste vigilant face aux vents contraires, qu’ils soient internes, comme la persistance potentielle de conflits dans l’Est, ou externes, avec les tensions géopolitiques et commerciales mondiales qui pourraient affecter les cours des métaux, pilier des exportations congolaises. La décision prise ce 8 janvier 2026 s’inscrit donc dans une stratégie proactive, mais ajustable. Comme l’a réaffirmé le gouverneur Wameso, l’institution “se tient prête à ajuster ses instruments de la politique monétaire si les conditions l’exigent.”
En conclusion, le tournant accommodant pris par la Banque Centrale du Congo marque une étape cruciale dans la consolidation de la reprise économique. En abaissant son taux directeur, la BCC mise sur la confiance et la stimulation par le crédit pour amplifier une croissance déjà solide et contenir les risques déflationnistes. Cette politique monétaire RDC 2026, si elle parvient à irriguer efficacement l’économie réelle, pourrait bien être le souffle nécessaire pour transformer la stabilité macroéconomique récemment acquise en une prospérité partagée et durable. Le défi, désormais, est de s’assurer que ces liquidités moins chères atteignent effectivement les secteurs productifs, moteurs ultimes de l’emploi et du développement.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
