Plus de mille personnes, majoritairement des femmes et des enfants, survivent dans une détresse absolue dans la plaine de Savo, au nord de Bunia. Leur nouvel an 2026 est marqué par la faim, l’exposition aux intempéries et la peur. Cette nouvelle vague de déplacés de Bule et ses environs fuit les violents affrontements qui opposent, depuis plus d’une semaine, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) aux miliciens de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga.
La plaine de Savo, à seulement quatre kilomètres de Bule-Centre, est devenue un refuge de fortune pour ces familles en errance. Elles ont tout abandonné devant l’intensification des combats. Leur quotidien se résume désormais à dormir à la belle étoile, sans abri ni nourriture. Les conditions de vie, qualifiées d’extrêmement précaires, suscitent une inquiétude croissante. Combien de temps ces populations vulnérables pourront-elles tenir sans assistance ?
Floribert Dezunga, l’un des déplacés, décrit une situation critique : « Nous passons la nuit à la belle étoile et n’avons rien à manger. » Ce témoignage direct illustre l’urgence humanitaire qui se dessine dans la région de Djugu, en Ituri. La dernière vague de déplacement, survenue mercredi, alourdit encore le bilan d’une crise qui s’aggrave de jour en jour. Les besoins en eau, nourriture, abris et soins médicaux sont immédiats et vitaux.
Face à cette détresse grandissante, les autorités coutumières locales lancent un cri d’alarme. Elles avertissent que la prolongation des violences armées dans la région de Bule risque de provoquer une catastrophe humanitaire de grande ampleur. Leur plaidoirie est claire : l’ouverture d’un couloir humanitaire sécurisé est impérative pour éviter des pertes en vies humaines parmi les déplacés. Sans un accès rapide et sécurisé pour les acteurs humanitaires, le pire est à craindre.
Les affrontements entre les FARDC et les miliciens CRP plongent une nouvelle fois l’Ituri dans un cycle de violence et de déplacement. Cette crise sécuritaire récurrente a un visage : celui de milliers de civils contraints de tout quitter pour sauver leur vie. La localité de Bule, épicentre de ces récents combats, se vide de ses habitants, créant un afflux massif de personnes vulnérables dans des zones non préparées.
L’appel à l’assistance humanitaire lancé par les déplacés eux-mêmes reste pour l’heure sans réponse tangible. La communauté humanitaire est-elle en mesure de se déployer dans un contexte sécuritaire aussi volatile ? La question de la protection des civils et de l’accès aux victimes se pose avec acuité. La plaine de Savo, zone d’accueil non officielle, manque de tout et n’offre aucune garantie de sécurité ou de dignité.
La situation à Bule et dans le territoire de Djugu rappelle cruellement la fragilité de la paix dans cette province. Chaque regain de tension se traduit par un drame humain. Les déplacés, otages de ces combats, attendent une double intervention : une action militaire capable de rétablir la sécurité et une réponse humanitaire massive pour subvenir à leurs besoins essentiels. Le temps presse pour éviter le scénario catastrophe redouté par les chefs coutumiers.
Cette nouvelle crise des déplacés de Bule interpelle toutes les parties prenantes. Elle souligne l’impérieuse nécessité de solutions durables pour stabiliser l’Ituri. En attendant, la priorité absolue reste de sauver des vies. L’acheminement de l’aide et la sécurisation des civils doivent constituer la réponse immédiate à cette urgence. L’année 2026 commence dans la douleur pour des milliers de Congolais ; leur survie dépend maintenant d’une mobilisation rapide et efficace.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
