La République Démocratique du Congo vient de franchir un pas décisif dans sa quête de justice historique avec la validation, ce mardi 30 décembre à Kinshasa, de sa stratégie nationale de plaidoyer pour la reconnaissance des génocides. Sous la houlette du ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, ce document cristallise la volonté politique de Kinshasa de porter sur la scène internationale les crimes massifs perpétrés sur son sol depuis plus de trente ans. Une initiative qui, loin d’être un simple vœu pieux, s’érige en instrument diplomatique offensif visant à contraindre la communauté internationale à regarder en face une tragédie longtemps occultée.
Autour de la table de validation, les experts du Fonds National pour la Réhabilitation des Victimes de violences sexuelles et crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) et ceux de la Cellule d’Appui à la Victime et aux Actions de Réparation (CIA-VAR) ont apporté les ultimes retouches à ce texte stratégique. La présence de Samuel Mbemba, figure emblématique de la défense des droits humains en RDC, a insufflé une légitimité incontestable à ce processus. Le ministre a précisé que cette stratégie nationale reconnaissance génocides permettra de coordonner des actions tant au niveau national qu’international pour amener États et institutions à reconnaître les génocides RDC Rwanda. Une reconnaissance qui sonnerait comme un acte de justice pour des millions de Congolais.
Le timing de cette validation n’est pas anodin. Elle intervient en exécution directe d’une instruction du Président Félix Tshisekedi, donnée lors de la 53ème réunion du Conseil des ministres en juillet 2025. Le Chef de l’État avait alors ordonné au gouvernement de préparer un plan concret pour porter la question des génocides au cœur des débats internationaux. En validant ce document, le gouvernement de la RDC affiche sa détermination à transformer une parole présidentielle en action structurée. Patrick Fata, Directeur général du FONAREV, a souligné que ce travail répond à l’instruction du Président et dote enfin le pays d’une feuille de route claire en matière de reconnaissance crimes Congo.
Mais au-delà de la validation technique, quelle est la portée réelle de cette stratégie ? Le gouvernement congolais joue gros en plaçant la barre si haut. En officialisant une campagne de FONAREV plaidoyer génocide, la RDC espère créer un effet de levier sur la scène diplomatique. L’objectif avoué est de forcer une prise de conscience collective sur les atrocités commises, attribuées principalement au Rwanda, et d’obtenir une condamnation sans équivoque de la communauté internationale. Cependant, cette démarche n’est pas sans risques. Elle pourrait envenimer davantage les relations déjà exécrables avec Kigali et mettre à l’épreuve les alliances régionales. La RDC parviendra-t-elle à mobiliser un soutien suffisant au sein d’une communauté internationale souvent frileuse face aux questions historiques africaines ?
La réponse à cette question dépendra de l’efficacité opérationnelle du plaidoyer. Samuel Mbemba droits humains devra orchestrer une campagne habile, mêlant preuves historiques, pression diplomatique et mobilisation de la société civile. La stratégie validée devra transcender les déclarations d’intention pour devenir un outil de persuasion incontournable. Elle devra également affronter le déni persistant de certains acteurs et contourner les calculs géopolitiques qui ont longtemps étouffé la vérité sur les génocides RDC Rwanda. Le ministre a bien insisté sur la dimension internationale de l’approche, mais sa réussite supposera des alliances solides et une capacité à maintenir le sujet à l’agenda malgré les autres crises mondiales.
En conclusion, la validation de cette stratégie marque un point de non-retour dans la politique étrangère congolaise. Elle consacre l’ambition de la RDC de ne plus être seulement une victime passive, mais un acteur exigeant justice. Les prochains mois seront cruciaux pour tester la résilience de ce plaidoyer. Le gouvernement devra faire preuve de constance et de ténacité pour éviter que cette initiative ne se dissolve dans les sables mouvants de la diplomatie internationale. L’enjeu est de taille : il s’agit rien moins que de réécrire l’histoire officielle des Grands Lacs et de poser les bases d’une paix durable fondée sur la vérité et la reconnaissance. La partie ne fait que commencer.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
