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Suspension des taxes routières à Beni : les transporteurs exigent des comptes

Imaginez devoir payer, à chaque voyage, entre 10 et 15 dollars américains pour des routes que vous savez condamnées. C’est le ras-le-bol qui a poussé les transporteurs Beni à prendre une décision radicale. À Kyavinyonge, la colère était palpable ce vendredi. Delphin Malekani, président de la société civile locale et porte-voix des usagers, a résumé l’indignation générale : « Nous avons constaté avec indignation le délabrement de tous ces axes routiers et c’est ce qui a entraîné la colère légitime des usagers. » Une colère qui se traduit par une action concrète : la suspension taxes routières à partir du 15 décembre prochain.

Mais pourquoi une telle mesure ? Le constat est sans appel : les routes délabrées Beni sont devenues un calvaire quotidien pour les chauffeurs et les populations. Les tronçons Kyavinyonge–Karuruma, Kyavinyonge–Kirindera, ou encore Vayana–Kigeki sont cités comme des exemples criants d’impraticabilité. Pourtant, des taxes routières Beni sont perçues à chaque barrière, spécifiquement destinées à l’entretien routes Nord-Kivu. Où passe donc l’argent ? La question, simple et légitime, reste sans réponse satisfaisante, creusant un fossé de défiance entre les payeurs et les percepteurs.

La décision des transporteurs est méthodique et vise à forcer la transparence. Du 10 au 14 décembre, les paiements se poursuivront normalement, comme un ultime geste de bonne foi. Mais à partir du 15, et ce jusqu’au 15 janvier 2026, plus un dollar ne sera versé. Cette trêve fiscale, d’une durée d’un an, est une pression inédite pour contraindre les attributaires des axes – ces structures responsables de la collecte et de la réhabilitation – à rendre des comptes et surtout, à agir. Une réunion d’évaluation est déjà planifiée pour juger des progrès et décider de l’avenir de ce mouvement.

Cette fronde dépasse le simple conflit entre prestataires et usagers. Elle révèle une crise de gouvernance locale et une profonde frustration sociale. Comment accepter de continuer à financer un service qui n’existe plus ? Les sommes en jeu, bien que modestes à l’échelle individuelle, représentent, à force de passages quotidiens, des montants conséquents. Leur détournement ou leur mauvaise gestion affecte directement la vie économique de toute une région. Les marchandises mettent plus de temps à circuler, les véhicules s’usent prématurément, et le coût du transport, finalement, pèse sur le panier de la ménagère.

La société civile, en soutenant cette initiative, appelle à une vigilance collective. Il ne s’agit pas seulement de suspendre un paiement, mais d’exiger un droit fondamental : celui de circuler sur des infrastructures sécurisées et entretenues. L’appel lancé aux autorités politico-administratives est clair : elles doivent jouer leur rôle de régulateur et de garant de l’intérêt général. La présence de ces autorités lors de la réunion de Kyavinyonge est un premier pas, mais les actes concrets se font toujours attendre.

Au-delà de Beni, cette situation pose une question cruciale pour tout le Nord-Kivu, et même pour la RDC : comment assurer une gestion transparente et efficace des ressources collectées pour les infrastructures ? La suspension des taxes routières Beni est un signal d’alarme. Elle montre que la patience des populations a des limites. Elle démontre aussi que lorsque le dialogue échoue, la mobilisation collective devient la seule issue. L’enjeu, maintenant, est de transformer cette contestation en un levier pour une véritable réhabilitation. Les mois à venir diront si cette pression citoyenne parviendra à faire bouger les lignes et à voir enfin les routes délabrées Beni laisser place à des axes viables. La crédibilité des engagements pris est en jeu, et avec elle, la confiance dans la capacité des institutions à servir ceux qui les financent.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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