La province du Kasaï-Oriental traverse une crise économique majeure avec une flambée spectaculaire des prix essence RDC qui impacte tous les secteurs d’activité. En l’espace d’une semaine, le litre d’essence est passé de 4.000 à 5.500 francs congolais, représentant une augmentation de près de 40% qui paralyse progressivement l’économie régionale.
Cette hausse carburant Kasaï-Oriental s’explique par une conjonction de facteurs structurels et conjoncturels. Les voies d’approvisionnement, dans un état de délabrement avancé selon les acteurs du secteur, constituent le principal goulot d’étranglement. Comment une région aussi stratégique peut-elle fonctionner avec des infrastructures routières aussi déficientes ? La question mérite d’être posée alors que le fût de 200 litres est passé de 400$ à 600$, une augmentation qui se répercute inévitablement sur les consommateurs finaux.
La Fédération des Entreprises du Congo (FEC) Kasaï-Oriental tente de rationaliser cette situation chaotique en invoquant la loi classique de l’offre et de la demande. Willa Bukasa, premier vice-président de l’organisation patronale, affirme que « le problème ne vient pas d’un prix majoré à l’achat, mais d’un problème de stock qui se vide face à une demande qui augmente ». Pourtant, sur le terrain, les vendeurs ambulants comme Kadhafi dénoncent des pratiques spéculatives qui font grimper le litre jusqu’à 6.500 francs dans certains cas.
Les conséquences de cette pénurie essence Mbuji-Mayi sont déjà visibles dans le quotidien des populations. Les transporteurs, particulièrement les motocyclistes, se retrouvent en situation de conflit permanent avec leur clientèle. « Les clients disent que vous nous transportez à 1000 francs alors que le litre coûte 5.500. Ça nous dérange beaucoup et perturbe notre travail », témoigne un conducteur de moto-taxi. Cette tension sociale naissante pourrait s’amplifier si des solutions ne sont pas rapidement apportées.
La situation devient d’autant plus critique que les services essentiels sont touchés par cette crise du carburant. La REGIDESO et la SNEL, déjà en difficulté pour assurer la distribution d’eau potable et d’électricité à Mbuji-Mayi, voient leurs opérations compromises par le manque de carburant nécessaire au fonctionnement de leurs machines. Cette pénurie essence Mbuji-Mayi crée ainsi un effet domino sur l’ensemble des services publics, mettant en péril la santé et la sécurité des populations.
La FEC Kasaï-Oriental se trouve face à un défi de taille : comment réguler un marché où la spéculation prend le pas sur les mécanismes économiques fondamentaux ? Les transporteurs essence chère doivent-ils supporter seuls le poids de cette crise alors qu’ils sont les premiers affectés par la dégradation des infrastructures ? La question mérite une réponse coordonnée entre autorités provinciales et acteurs économiques.
À moyen terme, cette crise des prix essence RDC pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’économie locale déjà fragilisée. Les petites et moyennes entreprises, dépendantes du transport pour leurs activités, voient leurs marges s’effriter dangereusement. Les transporteurs essence chère sont contraints de répercuter la hausse sur leurs tarifs, créant ainsi une inflation généralisée qui touche tous les biens et services.
La solution passerait nécessairement par une réhabilitation urgente des axes routiers et une meilleure régulation du marché des hydrocarbures. Sans une intervention rapide des autorités compétentes, le Kasaï-Oriental risque de s’enfoncer dans une crise économique et sociale aux conséquences imprévisibles. La balle est désormais dans le camp des décideurs pour apporter des réponses concrètes à une population qui voit son pouvoir d’achat s’évaporer jour après jour.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
