Dans un contexte où plus de 60% de la population congolaise a moins de 25 ans, une initiative audacieuse émerge pour transformer radicalement l’approche gouvernementale en matière de politiques jeunesse. Mariette Mwesha, figure éminente du développement et activiste reconnue, défend une réforme structurelle qui pourrait bien bouleverser les paradigmes traditionnels de la gouvernance en RDC.
La proposition phare ? Remplacer le ministère de la Jeunesse actuel par un système d’experts intégrés dans chaque ministère technique, avec une coordination centrale placée sous l’autorité directe de la Présidence. Cette vision, loin d’être une simple pétition de principe, s’appuie sur un constat implacable : l’échec des mécanismes existants à répondre aux défis structurels de la jeunesse congolaise.
« Le ministère de la Jeunesse, tel qu’il existe, est symbolique mais inefficace », assène Mariette Mwesha dans un entretien exclusif. Son diagnostic est sans appel : l’incapacité de cette institution à influencer les politiques sectoriels explique en grande partie la marginalisation persistante des jeunes, pourtant majoritaires démographiquement.
Le modèle proposé s’inspire de bonnes pratiques internationales et vise à instaurer une redevabilité transversale. Chaque ministre serait tenu de rendre compte de l’impact de ses actions sur les jeunes, tandis que des experts dédiés veilleraient à l’intégration des préoccupations juvéniles dans les politiques éducatives, économiques et sociales. Cette approche technique et stratégique contraste avec le caractère souvent politique des nominations actuelles.
Mais cette réforme gouvernance jeunesse RDC ne se limite pas à une simple restructuration administrative. Elle s’attaque aux racines du malaise : un système éducatif déconnecté des réalités économiques, un marché du travail caractérisé par l’opacité des recrutements, et une absence criante de vision industrielle capable d’absorber le flux annuel de jeunes diplômés.
« La RDC ne manque pas de stratégies, mais de mise en œuvre », observe l’experte, pointant du doigt l’écart entre les déclarations d’intention et les réalisations concrètes. Les multiples initiatives gouvernementales – ENA, PRONADEC, FOGEC – peinent à produire des effets tangibles sur l’employabilité des jeunes.
La pétition jeunesse Congo portée par Mariette Mwesha intervient à un moment crucial. Avec un âge médian de 15,8 ans, la RDC fait face à une urgence démographique qui pourrait se transformer en catastrophe sociale ou, au contraire, en dividende économique. Le choix des politiques jeunesse RDC actuelles déterminera laquelle de ces deux voies l’emporte.
Certains pourraient qualifier cette approche de radicale, mais l’activiste rétorque : « Ce qui est utopique, c’est de penser que répéter les mêmes méthodes produira des résultats différents ». Son argument s’appuie sur l’échec patent du modèle actuel, inchangé depuis des décennies malgré son inefficacité démontrée.
La question fondamentale demeure : les décideurs congolais sont-ils prêts à renoncer aux logiques symboliques au profit d’une approche véritablement transformatrice ? L’intégration d’experts jeunesse ministères représenterait un changement de paradigme majeur, exigeant une révision complète des mécanismes de gouvernance et une volonté politique sans faille.
Alors que le pays s’apprête à engager des réformes économiques ambitieuses, la place accordée aux jeunes dans ce nouveau modèle de développement constituera le véritable test de la volonté politique. Le temps des mesures cosmétiques est révolu ; place maintenant aux transformations structurelles capables de libérer le potentiel de la jeunesse congolaise.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
