Dans un coup de force politique qui secoue le monde sportif congolais, Amos Mbayo Kitenge vient de se faire réélire président du Comité olympique congolais ce vendredi 14 novembre, défiant ouvertement la suspension du processus électoral décrétée par le ministre des Sports. Une élection COC RDC qui s’annonçait mouvementée et qui a tenu toutes ses promesses en termes de rebondissements.
Comment une telle élection a-t-elle pu se tenir malgré l’opposition gouvernementale ? C’est la question que se posent aujourd’hui tous les observateurs du sport congolais. L’assemblée générale élective du COC a poursuivi son cours comme si de rien n’était, aboutissant à la large réélection d’Amos Mbayo avec 61 voix sur 65 votants. Une victoire écrasante pour l’ancien ministre des Sports et Loisirs, qui entame ainsi son quatrième mandat consécutif à la tête de l’institution olympique nationale.
Le scénario aurait-il été écrit d’avance ? L’unique candidat en lice pour ce poste qu’il occupe depuis 2010 n’a laissé aucune chance à d’éventuels opposants. Amos Mbayo réélu constitue désormais un record de longévité à la présidence du Comité olympique congolais, une permanence qui interroge sur l’évolution de la gouvernance sportive en République Démocratique du Congo.
La tension était palpable dans l’air dès l’annonce de la suspension par le ministère sports RDC. Pourtant, les délégués présents ont choisi d’ignorer cette injonction, créant ainsi un précédent dangereux dans les relations entre le mouvement sportif et les autorités gouvernementales. Cette élection sport suspendue puis maintenue illustre les profondes divisions qui traversent le sport congolais.
Le nouveau bureau élu présente une équipe de direction expérimentée, avec quatre vice-présidents appelés à seconder Amos Mbayo dans sa gestion du Comité olympique congolais. Christian Matata occupe le poste de premier vice-président, suivi de Ngiebe Mubiala René, Ilunga Luyoyo et Bolenge Pitchou. Alain Badiashile conserve ses fonctions de secrétaire général, tandis que la trésorerie est confiée à Bobo Bondembe.
Quelles conséquences cette élection contestée aura-t-elle sur le sport congolais ? La situation actuelle risque de créer des tensions durables entre le COC et le ministère des Sports. La suspension élection sport décrétée par le gouvernement n’ayant pas été respectée, des sanctions pourraient être envisagées, mettant en péril le financement et la reconnaissance internationale du mouvement olympique congolais.
Les défis qui attendent Amos Mbayo et son équipe sont immenses. Outre les questions de gouvernance, le Comité olympique congolais devra préparer les athlètes congolais pour les prochaines compétitions internationales, dans un contexte politique désormais fragilisé. La crédibilité de l’institution est en jeu, tout comme la confiance des partenaires techniques et financiers.
Cette réélection d’Amos Mbayo marque-t-elle un nouveau chapitre dans l’histoire du sport congolais ou simplement la continuité d’un système établi ? Seul l’avenir nous le dira, mais une chose est certaine : l’élection COC RDC de ce 14 novembre restera dans les annales comme un moment de forte tension institutionnelle.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
