La justice climatique en RDC prend un tournant décisif alors que cinquante acteurs clés se sont rassemblés à Beni pour une mission cruciale : transformer les contentieux environnementaux en opportunités de développement durable. Cette rencontre historique, orchestrée par l’Alerte congolaise pour l’environnement et les droits humains (ACEDH), symbolise un changement de paradigme dans la gestion des conflits autour du parc national des Virunga.
Le constat est alarmant : les tensions entre les communautés riveraines et la gestion du parc menacent l’une des biodiversités les plus précieuses au monde. Le parc Virunga, joyau naturel classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, devient paradoxalement un épicentre de conflits où la conservation se heurte aux réalités socio-économiques des populations locales. Comment concilier protection environnementale et droits des communautés ? La réponse pourrait bien se trouver dans cette initiative pionnière.
Olivier Ndohole, secrétaire administratif de l’ACEDH, expose une vision révolutionnaire : « Il y a des limites légales qui existent, et leur prise en compte dépendra beaucoup d’un débat démocratique et de la participation de la communauté ». Cette approche participative brise le modèle traditionnel de conservation exclusive pour embrasser une conservation communautaire où chaque voix compte.
Les contentieux environnementaux à Beni et dans le Nord-Kivu ne sont pas de simples disputes territoriales. Ils représentent le cœur battant d’une lutte pour la justice climatique où la biodiversité devient l’enjeu central d’un développement équitable. Le parc Virunga pourrait-il devenir le laboratoire d’une nouvelle gouvernance environnementale en Afrique centrale ?
La solution avancée par l’ACEDH repose sur un triptyque gagnant : transparence informationnelle, dialogue inclusif et responsabilisation collective. « Lorsque les communautés locales ont accès à l’information d’intérêt public, nous aurons moins de tensions entre le parc et les communautés riveraines », affirme M. Ndohole. Cette philosophie transforme les conflits en pacte de responsabilité partagée.
Les enjeux dépassent largement la simple délimitation des frontières du parc. Il s’agit de recréer un équilibre écologique et social où la biodiversité devient levier de sécurité climatique, source d’emplois verts et accélérateur d’énergies durables. La conservation communautaire émerge ainsi comme le seul modèle viable pour concilier protection environnementale et développement humain.
Cette initiative arrive à point nommé alors que la RDC fait face à des défis environnementaux sans précédent. Les contentieux environnementaux dans la région de Beni ne sont que la face visible d’une crise plus profonde où justice climatique et droits humains s’entremêlent inextricablement. La réussite de ce modèle de gouvernance pourrait faire jurisprudence pour l’ensemble du bassin du Congo.
La route reste longue mais l’espoir est permis. Cette concertation multipartite ouvre la voie à une révolution silencieuse où magistrats, chefs coutumiers, société civile et gestionnaires du parc apprennent à dialoguer autrement. L’objectif ? Faire des Virunga non seulement un sanctuaire de biodiversité mais aussi un moteur de prospérité partagée.
La justice climatique en RDC s’écrit aujourd’hui à Beni, dans ce laboratoire vivant où l’on réinvente la relation entre l’homme et la nature. Le monde regarde cette expérience congolaise qui pourrait bien montrer la voie vers une conservation plus juste et plus efficace. L’enjeu dépasse les frontières du Nord-Kivu : il concerne l’avenir même de notre planète.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net