Alors que la rentrée scolaire 2025-2026 s’annonce sous tension en République Démocratique du Congo, l’Association Nationale des Enseignants des Écoles Privées Agréées (ANEPAC) lance un appel historique : tous les enseignants du secteur privé sont invités à reprendre le chemin de l’école ce lundi 1er septembre. Une déclaration solennelle faite à Kinshasa ce vendredi 29 août, qui contraste singulièrement avec les mouvements de grogne observés dans le secteur public.
Jean Musa Kwete, président national de l’ANEPAC, a tenu à saluer « la ferme détermination des autorités du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté » à accompagner la vision du chef de l’État. Dans un élan de responsabilité collective, l’association syndicale soutient et respecte intégralement le calendrier scolaire officiel. Mais cette position suffira-t-elle à garantir une rentrée sereine sur l’ensemble du territoire national ?
La situation apparaît particulièrement contrastée entre les secteurs public et privé. Alors que l’ANEPAC appelle à la reprise immédiate, certains enseignants des écoles publiques menacent de boycotter la rentrée si leurs salaires ne sont pas payés. Cette divergence de positions soulève des questions fondamentales sur l’unité du système éducatif congolais et la pérennité des établissements privés agréés.
Les promoteurs d’écoles privées sont également interpellés par l’ANEPAC, qui les encourage à ouvrir leurs portes pour accueillir les élèves. Cette invitation témoigne d’une volonté de coordination entre les différents acteurs du secteur éducatif privé. Mais dans un contexte économique difficile, les établissements privés parviendront-ils à maintenir leur fonctionnement normal dès le premier jour de la rentrée ?
L’appel de l’ANEPAC s’inscrit dans une logique de continuité pédagogique essentielle pour les millions d’élèves congolais. Le respect du calendrier scolaire 2025-2026 apparaît comme un impératif pour éviter un retard supplémentaire dans des apprentissages déjà perturbés par les crises successives. Pourtant, la question des conditions de travail et de rémunération des enseignants demeure un point d’achoppement majeur.
La rentrée de septembre 2025 s’annonce donc comme un véritable test pour la résilience du système éducatif congolais. Alors que le secteur privé tente de montrer l’exemple en respectant le calendrier officiel, les défis restent immenses : infrastructures souvent précaires, frais scolaires inaccessibles pour de nombreuses familles, et formation des enseignants qui mériterait d’être renforcée.
Les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’impact réel de cet appel au retour en classe. Si les enseignants des écoles privées répondent massivement à l’invitation de l’ANEPAC, cela pourrait créer une dynamique positive pour l’ensemble du secteur. Mais la question des revendications salariales dans le public risque de créer des disparités préoccupantes dans l’accès à l’éducation sur l’ensemble du territoire national.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net