Dans les salons feutrés du ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, un dialogue historique s’est tissé ce jeudi 28 août entre deux femmes d’influence. Yolande Elebe Ma Ndembo, gardienne des trésors culturels congolais, et Yvette Kapinga Ngandu, ambassadrice aux États-Unis, ont orchestré une symphonie diplomatique où la culture devient l’instrument principal de rapprochement entre Kinshasa et Washington.
Comment transformer le patrimoine congolais en ambassadeur silencieux auprès de la nation de l’oncle Sam ? Cette question cruciale a animé les échanges entre les deux mandataires, déterminées à faire de la diversité culturelle un pont entre les continents. Leur vision : une diplomatie culturelle qui dépasse les protocoles traditionnels pour toucher le cœur même des populations.
La ministre de la Culture RDC a dévoilé une stratégie multidimensionnelle où l’éducation et les activités culturelles formeront les piliers de cette nouvelle approche. « Il s’agit de construire des passerelles de compréhension mutuelle », semble dire l’atmosphère de cette rencontre, où chaque proposition cherche à valoriser le patrimoine congolais dans sa dimension à la fois traditionnelle et contemporaine.
Au centre de cette feuille de route : la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante du 24 janvier. Cette date symbolique, instituée par l’UNESCO en 2019, deviendra le tremplin annuel pour des manifestations d’envergure célébrant la richesse culturelle congolaise. Quel meilleur moment pour illuminer la diversité des expressions artistiques, depuis les rythmes envoûtants de la rumba jusqu’aux créations avant-gardistes de la mode contemporaine ?
La musique, la danse, le cinéma – ces ambassadeurs déjà reconnus – seront rejoints par d’autres arts trop souvent restés dans l’ombre. L’art culinaire congolais, véritable symphonie de saveurs, et les arts visuels, des masques traditionnels aux installations numériques, prendront leur place dans ce panorama complet. La littérature, ce miroir de l’âme d’une nation, sera elle aussi promue comme fenêtre sur l’imaginaire congolais.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à augmenter les exportations vers les États-Unis, reconnaissant ainsi que la culture n’est pas seulement une richesse spirituelle mais aussi un levier économique formidable. L’ambassadrice Ngandu n’a pas caché son admiration pour l’approche innovante de la ministre, voyant dans cette collaboration la promesse d’une présence internationale de la RDC à la fois diversifiée et authentique.
Entre les murs où se décide l’avenir culturel de la nation, résonne l’écho d’une conviction partagée : le soft power congolais, par sa vitalité et sa diversité, peut devenir un instrument de dialogue interculturel et de développement durable. Cette rencontre pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère où la diplomatie culturelle congolaise s’affirme sur la scène internationale avec une voix distincte et captivante.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd