À Kinshasa, la rentrée scolaire 2025 s’annonce sous le signe des défis financiers pour de nombreuses familles. Alors que les établissements ouvrent leurs portes ce lundi 1er septembre, des milliers de parents se débattent avec la hausse vertigineuse des frais scolaires et le coût exorbitant des fournitures.
« Mes deux enfants sont inscrits, mais je n’ai pas encore pu acheter tous les uniformes ni les fournitures », confie Claudine Muzeke, vendeuse au marché de Gambela. Comme elle, de nombreuses mères kinoises doivent faire face à une réalité économique difficile. Les prix des cahiers et des sacs ont connu une augmentation significative par rapport à l’année dernière, plongeant les ménages dans l’inquiétude.
À Bandalungwa, Jeannine Muyayo, mère célibataire de trois enfants, avoue avancer au jour le jour. « J’ai la moitié des frais scolaires et acheté quelques cahiers. Pour le reste, je compte sur la grâce divine », témoigne-t-elle avec résignation. Cette situation reflète le quotidien de nombreuses familles congolaises qui doivent faire des miracles pour assurer l’éducation de leurs enfants.
Le marché des fournitures scolaires au Congo connaît une inflation préoccupante. Esther, couturière à Ngaba, souligne le cas des uniformes : « Un ensemble qui coûtait 25 000 FC l’année passée se vend maintenant à 40 000 ou 45 000 FC. Quand on a plusieurs enfants, c’est presque impossible ». Face à cette flambée des prix, certaines familles optent pour le recyclage des uniformes de l’année précédente, même usés.
Pourtant, malgré ces difficultés, l’éducation reste une priorité absolue pour les parents kinois. Chantal Kasato, fonctionnaire habitant à Limete, affirme avec conviction : « On peut manquer de beaucoup de choses, mais l’éducation reste une priorité. Même si je dois faire des sacrifices, je ne laisserai pas mes enfants rester à la maison ».
Certaines familles parviennent cependant à aborder la rentrée scolaire avec plus de sérénité. Mado Ntshila, cadre dans une entreprise de télécommunication, partage sa stratégie : « Dès le mois de juin, j’ai commencé à mettre de côté. Aujourd’hui, tout est prêt : uniformes, sacs, fournitures et même les frais scolaires ». Cette anticipation montre que l’organisation préalable peut atténuer les stress de dernière minute.
La rentrée scolaire à Kinshasa révèle ainsi les profondes inégalités sociales qui traversent la capitale congolaise. Tandis qu’une minorité de familles peut anticiper sereinement les dépenses, la majorité doit composer avec des budgets serrés et l’improvisation. Comment assurer une éducation de qualité quand les frais scolaires deviennent inaccessibles pour beaucoup ? Cette question cruciale interpelle les autorités et la société civile.
Les difficultés de rentrée scolaire en RDC ne se limitent pas aux seules fournitures. Les frais de scolarité proprement dits représentent souvent un obstacle insurmontable pour les ménages les plus modestes. Dans un contexte économique national difficile, l’éducation devient un luxe que beaucoup peinent à s’offrir.
Pourtant, l’espoir persiste. Toutes les familles interrogées partagent une conviction commune : malgré les sacrifices, l’avenir de leurs enfants passe par l’école. Cette détermination témoigne de la valeur que les Congolais accordent à l’éducation, considérée comme le seul moyen d’ascension sociale et d’émancipation.
La rentrée scolaire 2025 à Kinshasa soulève donc des questions fondamentales sur l’accessibilité de l’éducation au Congo. Alors que le gouvernement promet depuis des années de rendre l’enseignement de base gratuit, la réalité sur le terrain montre que le chemin reste long. Les familles continuent de porter seules le fardeau financier de l’éducation, dans un contexte économique de plus en plus difficile.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd