La petite cité de Dungu, située dans la région du Haut-Uele, au nord-est de la République Démocratique du Congo, a récemment été le théâtre d’un événement poignant. En effet, ce 10 décembre, dans le cadre de la Journée internationale des personnes vivant avec un handicap, une cinquantaine de membres de l’Association des personnes vivant avec handicap (APVH-Dungu) se sont réunis pour faire entendre leur voix. Cette date ne marquait pas seulement cette journée, mais coïncidait également avec la Journée internationale des droits de l’homme et la clôture des 16 jours d’activisme initiés le 26 novembre.
Dans leur mémorandum, déposé auprès de l’autorité territoriale, ces citoyens ont dénoncé un ensemble de problématiques qu’ils subissent quotidiennement. “Les personnes vivant avec handicap ont beaucoup de défis à relever. Très peu sont bénéficiaires de diverses assistances de base”, a déclaré le président de l’association, Jean-Pierre Mbolihundole. Parmi les difficultés évoquées : discriminations, isolement, absence d’accès aux services sociaux de qualité, manque de formations professionnelles, voire harcèlement sexuel. Un tableau accablant, au cœur d’une réalité que partagent des millions de Congolais vivant avec un handicap.
Cependant, il est à noter que certaines initiatives institutionnelles ont vu le jour pour répondre à cette urgence. Une loi organique promulguée en mai 2022, en application de l’article 49 de la Constitution, prévoit des mesures spécifiques pour protéger cette catégorie de personnes. Un ministère délégué en charge des personnes vulnérables et des handicapés a également été instauré. Néanmoins, comme l’a rappelé le Président Félix Tshisekedi lors de réunions du Conseil des ministres, le cadre fonctionnel pour mettre en œuvre cette loi reste à finaliser, tandis que seuls des efforts sporadiques ont été observés.
Jean-Pierre Mbolihundole, tout en remerciant les personnes de bonne volonté qui soutiennent leur cause, a exhorté ses camarades à dépasser les individualismes et à unir leurs forces pour un avenir meilleur. “L’union fait la force pour réclamer nos droits, car le droit ne se donne pas, il se réclame. Non aux préjugés, et à nos familles, nous disons : non à la discrimination sous toutes ses formes”, a-t-il ajouté avec conviction.
Sous le thème “Amplifier le leadership des personnes handicapées pour un avenir inclusif et durable”, cette journée à Dungu s’est conclue sur une lueur d’espoir, mêlée à un cri pour la justice. Tandis que la République Démocratique du Congo compte plus de 10 millions de personnes vivant avec un handicap, dont beaucoup se voient encore privées de leurs droits fondamentaux, l’heure est à l’action collective. Cette commémoration aurait-elle placé Dungu comme exemple pour le reste du pays ? Seul l’avenir le dira. Mais une idée est claire, les voix marginalisées sont prêtes à se faire entendre plus que jamais.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd