Alors que la ministres britannique de l’Intérieur, Suella Braverman, se dirigeait vers le Rwanda pour finaliser un accord sur le refoulement des immigrés clandestins avec le pays, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo (RDC), a dressé un bilan accablant de l’accord britannique avec le Rwanda. Il estime que cet accord a été conclu dans le but de faire taire Londres sur les graves exactions commises par le régime du Président Kagame.
« Comment un pays aux grandes valeurs comme le Royaume-Uni peut-il accepter de faire des compromis avec une telle partenaire ? », a demandé Tshisikedi, âgé de 59 ans, alors qu’il s’entretenait avec « The Times » dans son bureau de Kinshasa. Il a qualifié de « dictateur criminel et sanguinaire » et de « responsable des abus flagrants sur les droits de l’homme » le dirigeant rwandais, qui est, selon lui, à la tête d’une armée qui commet des atrocités dans l’est du Congo, riche en minerais.
Cette critique publication a été faite dans le contexte d’une offensive menée par le groupe militaire M23, qui, selon les Nations Unies, est lié au Rwanda et a récemment pris le contrôle de plusieurs territoires à l’est de la RDC. Suite à cette offensive, un demi-million de civils ont été contraints de quitter leur foyers. Tshisekedi s’est indigné que l’accord sur l’immigration ait plus de valeur aux yeux du Royaume-Uni que le soutien à la paix et à la stabilité en RDC.
Le groupe armé M23 a également été impliqué dans des viols massifs, des massacres arbitraires de civils et le pillage des richesses naturelles comme l’or et le coltan. Un rapport du Trésor américain a récemment mentionné que près de 90 % de cet or est acheminé en contrebande vers des États régionaux dont le Rwanda qui, à sa décharge, ne disposent pas de ressources naturelles significatives.
La ministre britannique de l’Intérieur a déclaré qu’elle ferait part de ses préoccupations «en privé» à Kagame, mais qu’il s’agit là de “mythes”. Dans une des prochaines élections présidentielles au Rwanda, le Président Kagame pourrait se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034. Un système qui a relancé les critiques des dirigeants congolais, et en particulier Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, sur le voisin du Congo, un voisin qui commence à être vu comme un partenaire désavantageux.
