Les rotations des navires des Lignes maritimes congolaises (LMC) au port de Boma ont fortement diminué, passant de 22 voyages par an en 2017 et 2018 à seulement cinq actuellement. Cette contraction reflète un recul de la demande à l’exportation, qui pèse sur l’équilibre financier de l’entreprise publique et sur les producteurs locaux.
Une chute des rotations qui fragilise l’exploitation
Le sous-directeur des LMC, Dieudonné Kasereka, explique que la baisse des activités est directement liée au manque de marchandises à transporter. « Actuellement, nous sommes descendus à cinq voyages par an, alors qu’en 2017 et 2018, nous en réalisions 22 par an », précise-t-il. Cette réduction drastique limite les revenus de l’entreprise, alors que ses charges fixes restent élevées.
Parmi ces charges, la location du navire représente un poste important : 15 000 dollars américains par mois. Avec moins de rotations, les recettes diminuent, mais cette dépense demeure. L’entreprise doit donc trouver des solutions pour couvrir ses coûts d’exploitation et éviter une dégradation plus profonde de sa situation.
Des exportations agricoles en panne
Le port de Boma a été conçu pour exporter les produits agricoles de la région. Or, les opérateurs économiques et les producteurs locaux rencontrent de sérieuses difficultés pour fournir des volumes suffisants. Dieudonné Kasereka indique que même pour obtenir le peu de marchandises transportées, il faut attendre deux à trois mois.
Cette situation révèle un problème structurel : la production agricole locale ne parvient pas à alimenter régulièrement les navires. Le responsable des LMC plaide pour une relance des anciennes sociétés agricoles et un accompagnement des agriculteurs afin qu’ils produisent en quantité suffisante. Sans cela, les cales restent vides et les navires partent avec des chargements partiels, ce qui aggrave le déficit.
Un enjeu de pérennité pour l’entreprise publique
La baisse des activités au port de Boma met en lumière la dépendance des LMC à la vitalité du secteur agricole local. Si la production n’augmente pas, l’entreprise ne pourra pas générer assez de revenus pour couvrir ses charges, notamment la location mensuelle du navire. Dieudonné Kasereka estime que la relance de la production et des exportations est indispensable pour assurer la pérennité des activités.
Cette situation illustre un cercle vicieux : moins de marchandises signifie moins de voyages, donc moins de recettes, ce qui limite les capacités d’investissement et de maintenance. À terme, c’est toute la chaîne logistique qui pourrait être affectée, avec des conséquences pour les producteurs, les opérateurs économiques et l’emploi local.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
